PIB romand: la sécurité économique face aux incertitudes mondiales
Tensions géopolitiques, retour du protectionnisme et mutations technologiques redessinent les conditions de l’activité économique. La 19e étude sur le PIB romand, publiée par les six banques cantonales en collaboration avec le Forum des 100 du quotidien Le Temps, se penche sur la sécurité économique de la région et met en lumière les enjeux auxquels son tissu économique est confronté.
Une économie face à un environnement en mutation
Les tensions géopolitiques, le protectionnisme et les transformations technologiques redessinent les équilibres économiques mondiaux. Pour la Suisse romande, portée notamment par ses entreprises exportatrices et des secteurs à forte valeur ajoutée, ces évolutions soulèvent des questions essentielles en matière de sécurité économique.
L’étude met notamment en évidence que, dans ce contexte chahuté, la Suisse romande résiste. Selon les estimations présentées, la croissance ralentit, mais modérément: passant de 2,2% en 2025, l’activité reste dynamique en 2026 avec des prévisions à 1,9%. Un ralentissement se dessine pour 2027, avec une croissance de 1,5%, évolution similaire à celle que connaît le pays dans son ensemble.
La sécurité économique, un enjeu stratégique
Au-delà des perspectives conjoncturelles, la sécurité économique interroge la capacité d’une région à maintenir ses activités essentielles, à préserver ses chaînes d’approvisionnement et à s’adapter aux évolutions des marchés et des technologies.
L’étude souligne notamment qu’en absence d’un grand marché intérieur, l’innovation et l’ouverture sur le monde restent déterminantes en tant que facteurs clés de succès. Cependant, cette forte intégration aux échanges internationaux constitue aussi un élément de vulnérabilité face aux fluctuations économiques et aux crises.
Quel éclairage pour le canton de Neuchâtel?
Ces enjeux concernent également le canton de Neuchâtel, dont le tissu économique s’appuie notamment sur l’industrie, l’innovation et les échanges internationaux.
Si les activités manufacturières poursuivent leur progression, le manque d’élan de certaines branches, notamment les machines, l’horlogerie et les services aux entreprises, freine la dynamique cantonale. La construction, le commerce, les services financiers et les activités immobilières contribuent, en revanche, à soutenir la croissance dans un contexte de progression démographique. Le taux de chômage, supérieur à la moyenne romande, reste toutefois un point de vigilance.
Après une croissance limitée à 0,5% en 2025, le PIB neuchâtelois devrait progresser de 2,2% en 2026, puis de 2,0% en 2027, selon les prévisions de l’étude.