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Pourquoi le secteur du luxe défie la récession

Economie

01.11.2022 , par Olivier Nicolet, conseiller Private Banking

Encore une fois, le marché du luxe défie la crise. En effet, alors que les entreprises de grande consommation comme Walmart ou H&M réduisent leurs perspectives financières en raison du recul des dépenses des consommateurs pressés par l’inflation, le segment du luxe affiche lui une santé insolente. 

Sur les neufs premiers mois, le chiffre d’affaire de LVMH progresse par exemple de 20% en données organiques. Les exportations horlogères suisses ont bondi de 19,1% sur un an en septembre, atteignant l’une des plus hautes valeurs de leur histoire. La croissance a de nouveau été portée par les montres dont le prix à la sortie d'usine dépasse les 3'000 francs. Dans un autre segment de l’industrie, Ferrari a relevé ses prévisions pour l’année après que les revenus aient atteint un record.

La classe fortunée peu affectée par la crise

La force inébranlable du secteur repose premièrement sur les caractéristiques de sa clientèle. La classe fortunée est souvent la dernière à ressentir les effets d’une crise en raison du coussin que leur extrême richesse procure. Il faut savoir que 20% de la clientèle – les ultra-riches et les très riches – génère la grande majorité des ventes. Contrairement à d'autres industries, le secteur du luxe peut donc se permettre de faire porter aux clients le coût de l’inflation. En effet, parmi la jet set, les achats coûteux et continus servent de symboles de statut social.

Les multimillionnaires en constante augmentation

Signe de la bonne santé du secteur, les listes d’attente pour acheter des produits de luxe comme une montre Patek Philippe, un sac Hermès ou une Lamborghini ne cessent de s’allonger. Autre élément porteur, le nombre de multimillionnaires continue d’augmenter. Le contingent de foyers disposant de plus de 30 millions de dollars devrait ainsi quasiment doubler d’ici 2025. 

Un succès à considérer avec précaution

Du point de vue des investisseurs, cependant, le succès est relatif. L’indice européen regroupant les sociétés du luxe n’a pas été à l'abri de la vente massive qui a écrasé le marché au sens large. Il a chuté de 23%, sous-performant le recul de 20% de l'indice Stoxx Europe 600, alors que les investisseurs se détournaient des actions se négociant à des multiples de valorisation élevés. 

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.