L’IA plus forte que la hausse des rendements
La période estivale a été marquée par une forte volatilité sur les marchés, notamment dans la technologie, l’énergie et les taux d’intérêt. Malgré ces mouvements, les fondamentaux ont peu changé. L’évolution la plus significative reste la hausse des rendements obligataires mondiaux, qui confirme la fin durable de l’ère de l’argent bon marché.
Les investisseurs exigent désormais une rémunération plus élevée pour compenser une inflation persistante, un endettement public record et des besoins de financement considérables liés à la défense, à la transition énergétique et à l’intelligence artificielle (IA). Le rendement de l’emprunt américain à 30 ans a ainsi atteint son plus haut niveau depuis 2004. Ce changement de régime est majeur, mais il ne semble pas suffisant à lui seul pour mettre un terme au marché haussier des actions porté par l’essor de l’IA.
L’IA continue de porter les marchés
Cette dynamique continue de reposer sur une révolution technologique sans précédent. Les investissements dans les centres de données se poursuivent à un rythme soutenu et l’adoption de l’IA s’accélère. Les bénéfices des entreprises progressent fortement, avec des hausses supérieures à 50% aux Etats-Unis et proches de 30% en Europe. Les résultats stratosphériques de Nvidia illustrent la vigueur du cycle d’investissement, tandis que la baisse du coût de calcul des modèles laisse entrevoir d’importants gains de productivité.
Une résistance économique qui appelle à la prudence
L’environnement économique demeure solide. Les indicateurs manufacturiers se redressent aux Etats-Unis comme en Europe et la Suisse a enregistré une croissance trimestrielle remarquable de 1,5%. Cette résistance de l’activité, combinée à une inflation toujours tenace, limite toutefois la marge de manœuvre des banques centrales. Les récentes déclarations de la Réserve fédérale montrent que la lutte contre l’inflation reste une priorité.
Dans ce contexte, la volatilité devrait persister. Septembre constitue traditionnellement un mois délicat pour les marchés et les incertitudes politiques américaines pourraient accentuer les mouvements de correction. Une phase de consolidation après les fortes hausses récentes ne serait donc pas surprenante et plaide pour davantage de prudence.
Une version de cet article a été publiée dans ArcInfo.