«Les liens entre nos écosystèmes et l’économie sont mieux compris»
La biodiversité est essentielle à l’équilibre de nos écosystèmes et au bon fonctionnement de notre économie. Son déclin constitue un enjeu environnemental majeur, qui nous concerne toutes et tous.
Pour contribuer à la sensibilisation à cet enjeu, la BCN édite un Guide de la biodiversité dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale d’entreprise. Robin Santoli, chargé de projet RSE à la banque, détaille comment cette publication donne des clés concrètes aux propriétaires afin de favoriser la nature dans leurs espaces extérieurs.
Pourquoi la biodiversité est-elle aujourd’hui un sujet important pour la BCN?
Robin Santoli: Au-delà de la BCN, le sujet de la biodiversité gagne en importance dans le secteur bancaire. Longtemps, la nature a été considérée comme un capital inépuisable et est restée largement absente des analyses économiques et financières. Aujourd’hui, les liens de dépendance entre nos écosystèmes et l’économie sont mieux compris.
Comment cette prise de conscience se concrétise-t-elle dans le secteur bancaire?
Les nouvelles obligations réglementaires dans ce domaine témoignent de cette évolution. Les banques sont notamment amenées à mieux comprendre les dépendances et les impacts de leurs activités sur les écosystèmes, ainsi que les risques que leur dégradation peut représenter. Concrètement, cela se traduit par la prise en compte des risques liés à la nature dans l’évaluation des activités financées, y compris dans le cadre de l’octroi de crédits.
Quel rôle une banque peut-elle jouer dans la transition écologique au-delà de ses produits financiers?
L'essentiel de l'impact d'une banque passe par ses produits et ses activités de financement. Mais, en tant qu'institution, elle peut également contribuer à faire évoluer les perceptions et les comportements, indispensables pour permettre à notre société d'engager une véritable transition écologique. C’est dans cette perspective que la création d'un guide de la biodiversité nous paraît pertinente.
En quoi la biodiversité concerne-t-elle concrètement les particuliers?
Les espaces privés jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité. Jardins, haies, pelouses et autres espaces végétalisés offrent des ressources et des refuges à de nombreuses espèces. Lorsqu’ils sont gérés de manière écologique, ces espaces s’avèrent précieux pour la biodiversité à l’échelle des quartiers, des villes et du territoire.
D’accord, mais en quoi cela impacte-t-il les propriétaires?
Les propriétaires ont un rôle à jouer, car ils disposent d’un levier d’action concret à travers l’aménagement et l’entretien de leurs espaces extérieurs. Au-delà de leur propre terrain, le déclin de la biodiversité nous concerne toutes et tous, puisqu’il fragilise les nombreux services que la nature nous rend au quotidien, comme la pollinisation, la régulation des crues, la fertilité des sols ou encore le rafraîchissement des villes.
Les bénéfices dépassent donc les limites de chaque propriété?
Tout à fait. En multipliant les espaces favorables à la nature, nous contribuons collectivement à renforcer la résilience de notre territoire face aux changements environnementaux. Cette démarche profite à l’ensemble de la population, en favorisant un cadre de vie plus agréable et plus durable.
Pouvez-vous donner quelques exemples d'actions concrètes proposées dans le guide?
L'un des intérêts du guide est de montrer que favoriser la biodiversité ne nécessite pas forcément de grands travaux ni des investissements importants.
Laisser un tas de bois issu des tailles ou conserver un amas de feuilles au pied d'une haie permet, par exemple, de créer des abris pour les hérissons et de nombreux invertébrés. La tonte différenciée constitue une autre mesure accessible : elle consiste à laisser pousser la végétation dans certaines zones peu utilisées afin de favoriser le développement des plantes et d'offrir davantage de ressources à la faune.
Votre recommandation si quelqu’un souhaite commencer dès demain?
Je conseillerais de commencer par observer son espace extérieur et de s'interroger sur son utilisation. Quelles zones sont utilisées et à quelles fins ? Cette question constitue un excellent point de départ.
D’ailleurs, nous menons également cette réflexion à la BCN en interrogeant l'usage de nos espaces extérieurs. Cela va nous pousser à accroître la part des espèces indigènes dans nos espaces verts et à végétaliser un avant-toit de 168m² sur notre site de La Chaux-de-Fonds.
Découvrir le Guide BCN de la biodiversité