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La diversification en trompe-l’œil

EconomieInvestissement

27.10.2026, par Daniel Oliveira Mota, Collaborateur Asset Management

Investir 10'000 francs dans un Exchange Traded Funds (ETF) répliquant le S&P 500, indice regroupant 500 grandes entreprises américaines, revient à placer près de 4'000 francs dans ses dix principales positions. Investir la même somme dans un ETF suivant le MSCI World, qui rassemble de grandes entreprises de pays développés, signifie exposer environ 7'300 francs aux sociétés américaines. 

Les ETF, ou fonds indiciels cotés, permettent pourtant d'accéder facilement à de nombreux titres, généralement à des frais réduits. Alors, pourquoi cette concentration? 

Quand 500 entreprises ne suffisent pas à diversifier 

La plupart des grands indices sont pondérés selon la capitalisation boursière: plus une entreprise vaut cher en Bourse, plus son poids dans l'indice est élevé. Avec l'essor des géants technologiques américains, quelques sociétés occupent désormais une place prépondérante. Une baisse marquée de leurs cours peut ainsi peser lourdement sur l'ensemble de l'indice, même si de nombreuses autres entreprises résistent bien. 

Le constat vaut également à l'échelle mondiale. Malgré son nom, le MSCI World ne couvre pas tous les pays: il se limite aux marchés développés. Comme les Etats-Unis abritent une grande partie des plus fortes capitalisations, ils dominent cet indice. Un placement dit «mondial» n'est donc pas forcément réparti de manière équilibrée entre les régions. De plus, détenir plusieurs ETF ne garantit pas une meilleure diversification s'ils investissent largement dans les mêmes entreprises. Un investisseur peut détenir trois ETF différents et penser être très diversifié, alors qu'ils comprennent parfois les mêmes entreprises. 

Regarder au-delà du nombre de titres 

Faut-il pour autant se détourner des ETF? Non: ils restent des outils efficaces pour investir simplement et à moindre coût. Mais détenir beaucoup d'entreprises ne suffit pas à garantir une diversification optimale. Celle-ci dépend aussi de la répartition entre secteurs, régions et classes d'actifs, ainsi que des risques effectivement pris. L'essentiel est donc de regarder ce que contient l'indice, plutôt que de se fier au seul nombre de titres.

Une version de cet article a été publiée dans ArcInfo.