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L’once d’or à 8'000 dollars?

EconomieInvestissement

12.05.2026, par Fabio Muccigrosso, Responsable Trésorerie & Négoce

Considéré comme l’ultime valeur refuge, l’or a récemment surpris en subissant des pressions vendeuses, malgré l’intensification des tensions géopolitiques. Dans un contexte de remontée rapide des taux d’intérêt, de nombreux opérateurs ont choisi de réduire leur exposition au métal jaune pour se repositionner sur le dollar américain. 

Ce repli semble toutefois davantage correspondre à une phase de consolidation technique qu’à un véritable retournement de tendance. Les dernières séances ont d’ailleurs confirmé la capacité de l’or à rebondir rapidement. Après une baisse jusqu’à 4'500 dollars l’once, le cours s’est redressé vers 4'700, principalement grâce au net recul du pétrole. Le Brent a en effet chuté de 15% la semaine dernière, porté par l’espoir d’une résolution du conflit au Moyen-Orient. Cette évolution a favorisé une détente des rendements américains, ainsi qu’un affaiblissement du dollar, une combinaison historiquement propice au métal jaune. 

Hausse soutenue par les banques centrales et les investisseurs

Du côté des fondamentaux, les signaux restent par ailleurs très solides. Selon le World Gold Council, les banques centrales ont acheté 244 tonnes nettes d’or au premier trimestre 2026, soit une progression de 3% par rapport à l’année précédente. Acheter de tels volumes alors que les prix ont parfois atteint des records envoie un signal fort au marché, illustrant la volonté des institutions de renforcer leurs réserves plutôt que de spéculer à court terme. La demande d’investissement demeure elle aussi soutenue: les achats de lingots et de pièces ont bondi de 42% sur la période, atteignant 474 tonnes, principalement grâce aux investisseurs asiatiques. Ainsi, même si l’incertitude persiste à court terme en raison de la volatilité des taux d’intérêt, la tendance de fond reste favorable à l’or.

Si certaines grandes banques anticipent un prix proche de 5’900 dollars l’once d’ici fin 2026, d’autres se montrent encore plus ambitieuses. Deutsche Bank évoque par exemple un scénario à 8’000 dollars l’once d’ici 2031, en cas d’accélération de la dédollarisation mondiale. Même si ce chiffre peut sembler utopique, il reflète l’ampleur des forces structurelles qui soutiennent ce métal si précieux.

Une version de cet article a été publiée dans ArcInfo.