La bcn Actualites et medias Actualités Le conflit au Moyen-Orient secoue les taux d’intérêt

Le conflit au Moyen-Orient secoue les taux d’intérêt

EconomieInvestissement

31.03.2026, par Fabio Muccigrosso, Responsable Trésorerie & Négoce

Depuis le début de l’intervention militaire au Moyen-Orient, les marchés financiers ont connu une volatilité accrue, notamment sur les taux d’intérêts. L’envolée des cours pétroliers a poussé les investisseurs à réajuster rapidement leurs anticipations d’inflation, entraînant un redressement de la courbe des taux suisses. 

Une tension géopolitique reconfigurant les marchés de taux

Cette évolution influence directement les conditions de financement en Suisse et se reflète déjà sur le marché hypothécaire, en particulier pour les hypothèques fixes à moyen et long terme, dont les niveaux dépendent fortement des taux obligataires. Même si la trajectoire des taux à court terme dépendra en partie de la durée du conflit et de ses conséquences sur les prix de l’énergie, il est essentiel de regarder au-delà de ces éléments pour identifier les tendances de fond. 

Dans cette perspective, la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) reste déterminante. Lors de sa dernière réunion de mars, la BNS a maintenu son taux directeur à 0%. Toutefois, le point le plus marquant est le durcissement de son discours concernant le marché des changes. La BNS a indiqué que sa volonté d’intervenir s’était accrue face aux tensions au Moyen-Orient. L’objectif est clair: éviter une appréciation excessive du franc, qui pourrait mettre en péril la stabilité des prix. Cette posture représente un changement majeur par rapport à 2022, lorsque la BNS cherchait à renforcer le franc afin de contenir l’inflation importée, notamment liée à l’énergie. 

Impacts pour les emprunteurs suisses

Aujourd’hui, avec une inflation projetée dans le bas de la zone cible de 0 à 2%, l’institution semble davantage préoccupée par les risques de déflation qu’une éventuelle flambée des prix. Dans ce contexte, un resserrement monétaire apparaît moins probable qu’il ne l’était encore fin 2025, malgré les anticipations de certains acteurs du marché qui tablent sur une hausse d’ici fin 2026. La BNS semble plutôt s’orienter vers un statu quo prolongé. Pour les emprunteurs, cela signifie que les taux hypothécaires fixes pourraient se stabiliser aux niveaux actuels. Par ailleurs, le coût des financements SARON restera inchangé tant que le taux directeur demeure à 0%, offrant un environnement relativement prévisible malgré les turbulences internationales.

Une version de cet article a été publiée dans ArcInfo.