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Une autre échelle

EconomieInvestissement

05.03.2024, par Vincent Schwery, gérant de fonds

Les principales places financières ont volé de record en record en février. Fait marquant, le Nikkei a effacé son plus haut niveau datant de fin décembre 1989, établi au plus fort de la bulle économique sur l’archipel.

Parmi les autres événements clés, on relève l'accroissement de 277 milliards de dollars de la capitalisation de Nvidia en une seule séance boursière, du jamais vu. C’est tout simplement le record du plus colossal gain en capitalisation en une séance pour une seule valeur en 140 ans: l’équivalent du quart du PIB suisse généré par des perspectives meilleures que prévues. C’est époustouflant, l’échelle n’est pas vraiment la même!

L’engouement pour l’intelligence artificielle dans le sillage de ces chiffres décoiffants a ainsi été déterminant pour porter les marchés vers de nouveaux sommets. Cet enthousiasme a été encore nourri par les déclarations du patron d’OpenAI qui veut lever quelque 7'000 milliards de dollars pour développer l’infrastructure mondiale et les chaînes d’approvisionnement pour les puces, l’énergie et les centres de données.

L’environnement actuel, très porteur pour les actifs risqués, est soutenu par trois facteurs principaux. Il y a tout d'abord la résilience des économies et des bénéfices des entreprises. En effet, les indices des directeurs d’achats (PMI) de février ont confirmé la reprise manufacturière aux Etats-Unis. En Europe, bien que les PMI sont restés en territoire de contraction, ils pointent vers une embellie conjoncturelle. Le deuxième motif réside dans la désinflation, solidement ancrée bien qu'elle soit plus longue que prévue. Le troisième facteur consiste dans la perspective du changement de politique monétaire des banques centrales.

On note également que le marché a intégré, sans dégâts, que le pivot des banques centrales ne se produira probablement pas avant l’été. Néanmoins, la tendance pourrait être plus irrégulière, notamment parce que les indices sont proches de zones de surachat, que les valorisations sont un peu moins attractives et que les taux d’intérêts vont rester à ces niveaux pendant plus longtemps.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.