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Trésorerie et investissements: un casse-tête en périodes d’instabilité

EconomiePME

01.06.2026, par Alexandre Morciano, Responsable PME

Dans un environnement économique chahuté, les PME suisses évoluent dans un exercice d’équilibrisme: garantir leur trésorerie tout en maintenant des investissements essentiels. Entre incertitudes et tensions financières, chaque décision devient un arbitrage pour assurer leur pérennité.

Rarement l’économie mondiale aura subi en peu d’années autant de bouleversements. Alors que la sortie du Covid-19 avait été marquée par une forte reprise en V, la multiplication des tensions géopolitiques et conjoncturelles ont rapidement plongé dans l’incertitude beaucoup de secteurs d’activité en Suisse. 

Dans un contexte monétaire de longue date adverse pour l’export, l’affaiblissement de la demande s’est propagé dans les principaux marchés mondiaux. Ces chocs à répétition ne cessent d’affecter les volumes d’affaires des sociétés, avec des conséquences sur la croissance dans notre pays et l’emploi. Bien que résilientes, les PME sont progressivement confrontées à des besoins financiers urgents. Elles doivent pouvoir poursuivre sereinement leur exploitation et réaliser des investissements devenus indispensables pour certaines d’entre elles.

La trésorerie: une priorité

Si le besoin supplémentaire en fonds de roulement accompagne les phases d'expansion, il s'avère d’autant plus vital dans les périodes de ralentissement. L'inertie des mesures de réduction des charges requiert des liquidités suffisantes pour pallier des baisses significatives de revenus. 

Même lorsque les réserves semblent adéquates au bilan, elles ne sont pas forcément disponibles pour absorber des fléchissements conjoncturels, parfois brutaux. Le manque soudain de trésorerie génère des situations d'urgence aux répercussions préjudiciables: financièrement, par la réalisation hâtive d'actifs, mais aussi en termes d'image, lorsque les délais de paiement s'allongent de manière généralisée. 

Investissements à ne pas délaisser

Un climat d'instabilité freine les investissements, parfois fortement selon les segments, ce que la Suisse a ressenti ces dernières années, principalement sur les équipements et les infrastructures immobilières. Reporter le renouvellement des installations, les programmes de R&D ou les actions marketing soulage certes les dépenses, mais fragilise à terme la compétitivité des PME. 

L'absence persistante de visibilité ne doit pas pour autant paralyser le déploiement de stratégies destinées à renforcer la dynamique de relance en sortie de crise. Ces circonstances permettent de saisir de nouvelles opportunités et de démontrer, à la clientèle comme à l'ensemble des parties prenantes, la capacité de l'entreprise à traverser des cycles défavorables tout en maintenant ses capacités opérationnelles. 

Des solutions concrètes

Face à une forte contraction de l’activité, il faut réduire toute dépense non indispensable à la bonne marche des affaires. En parallèle, les responsables renforcent la gestion dans la facturation et l’encaissement des créances puis négocient, dans un premier temps avec des partenaires de confiance, un échelonnement dans le règlement des factures. Les échéances relatives à des remboursements contractuels peuvent être renégociées avec les instituts bancaires. Face à une bonne anticipation et un plan d’actions étayé, les organismes financiers ont démontré dans des moments cruciaux leur compréhension en ajustant les amortissements prévus. Mais il arrive que ces efforts ne soient pas suffisants. Dans ce contexte, les propriétaires d’entreprises disposent de plusieurs solutions de financement. Crédits vendeurs ou leasing pour des équipements, factoring pour les besoins en fonds de roulement, prêts et limites bancaires: autant d’options disponibles, même en périodes d’instabilité!

Une version de cet article a été publiée dans PME Magazine.