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Quand le climat s'invite dans les marchés

EconomieInvestissement

30.06.2026, par Vincent Schwery, Responsable Asset Management / CIO

La vague de chaleur qui touche actuellement l'Europe retient toute l'attention. Pourtant, un autre phénomène mérite d'être surveillé de près: El Niño. Les prévisions donnent près de 90% de probabilité qu'un épisode fort se développe d'ici la fin de l'année. Ce phénomène naturel modifie les régimes de pluie et de températures à l'échelle mondiale. Dans un monde déjà plus chaud, ses conséquences pourraient être amplifiées. 

Des récoltes sous pression 

Les premiers effets se font déjà sentir. En Inde, la mousson accuse un important déficit de précipitations, faisant peser une menace sur les récoltes de riz, de sucre, de coton ou encore de soja. L'histoire montre qu'un épisode marqué d'El Niño peut entraîner une hausse de 3 à 5% des prix mondiaux des matières premières agricoles durant plusieurs mois. Après le récent choc énergétique, le prochain moteur de l'inflation pourrait ainsi provenir de l'alimentation. 

Des gagnants et des perdants 

Pour les investisseurs, les conséquences sont contrastées. Les entreprises actives dans les engrais, les semences, l'irrigation ou la gestion de l'eau pourraient bénéficier d'une demande accrue. À l'inverse, les producteurs de cacao, de café, d'huile de palme ou les groupes agroalimentaires risquent de subir la hausse du coût des matières premières. Les assureurs devront également composer avec une multiplication d'événements climatiques extrêmes selon les régions du globe. 

Nouveau risque macroéconomique 

Au-delà de la météo, El Niño rappelle une réalité désormais incontournable: le climat est devenu un facteur macroéconomique. Il influence l'inflation, la croissance, donc les politiques monétaires et les marchés financiers, même si les conséquences varient fortement selon les régions. Les économies importatrices de produits alimentaires, très sensibles à l'inflation et disposant de faibles réserves de change, sont les plus exposées et font face à des risques de dépréciation de leur monnaie et de resserrement de leur politique monétaire. 

Globalement, le risque principal réside dans l’effet cumulatif sur l’inflation et par conséquent sur les politiques monétaires. Dans les prochains mois, l'évolution de la mousson indienne sera ainsi un indicateur très suivi par les marchés mondiaux. 

Une version de cet article a été publiée dans ArcInfo.