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Regards tournés vers les actions américaines et les pays émergents

Finance

11.02.2020 , par Victor Vogt, responsable de l’Asset management

Après un excellent millésime 2019, faut-il craindre un recul marqué des marchés? Si la question mérite d’être posée, un regard dans le rétroviseur montre que trois fois sur quatre, les marchés ont poursuivi leur tendance haussière après une telle envolée. Mais évidemment, les données économiques et les événements géopolitiques dicteront, une nouvelle fois, la tendance.

Très présentes en 2019, les tensions géopolitiques ont quelque peu diminué. En effet, la signature le 15 janvier de la phase 1 de l’accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis offre une première détente sur ce front, même si les points brûlants restent en suspens. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne fin janvier réduit également l’incertitude en Europe, même si d’âpres négociations restent à l’horizon.

Le Coronavirus amène avec lui de la volatilité et des incertitudes sur les marchés. Même si les autorités sont beaucoup mieux préparées que lors du SRAS en 2003, il est très difficile d’en estimer l’impact. Pour mémoire, les estimations indiquent que le SRAS aurait « coûté » 1% de croissance à l’économie chinoise. À ce jour, les secteurs les plus touchés sont le tourisme où de nombreuses compagnies aériennes ont annulé des vols et celui de la consommation avec par exemple Apple, Ikea ou Starbucks qui ont fermé plus de la moitié de leurs magasins. Plus proche de nos latitudes, Swatch a annulé son salon zurichois Time to Move. En contrepartie les sociétés du e-commerce devraient en profiter. 

La récession ne devrait pas frapper en 2020. Si les indicateurs avancés des directeurs d’achat se sont détériorés l’année dernière, notamment dans le secteur manufacturier, janvier semble indiquer que le creux a été dépassé.

Confiance américaine élevée

Aux Etats-Unis, le niveau de confiance des consommateurs reste particulièrement élevé. En effet, le taux de chômage est à un niveau plancher (3,5%) et les salaires ont progressé de quelque 3%. La bonne tenue du marché intérieur devrait permettre à l’économie américaine d’atteindre une croissance proche de 2% cette année.
La situation européenne est plus compliquée: la croissance devrait atteindre environ 1% en 2020. Pour les exportateurs suisses tournés vers leurs voisins, la situation restera, par ricochet, complexe. En Suisse, la croissance sera clairement soutenue par l’industrie chimique et pharmaceutique qui, l’année dernière déjà, a vu ses exportations grimper de 10 milliards de francs. À l’inverse, la mauvaise passe que traverse l’industrie des biens d’équipement devrait se poursuivre des mois encore. La robustesse du marché du travail et le désir de consommer des ménages helvétiques soutiendront la dynamique économique, la croissance du produit intérieur brut devant atteindre 1,2%.

Impact mitigé au Japon

Le Japon ne pourra compter ni sur la consommation, ni sur le commerce extérieur ni sur l’industrie en 2020. Sa croissance sera ainsi quasiment atone (+0,4%), malgré un nouveau paquet conjoncturel lancé par le gouvernement fin 2019. En effet, l’accent de ce dernier est mis sur des projets d’infrastructure qui, en raison de la forte pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction, ne peuvent être réalisés que très lentement. A noter toutefois que si les perspectives de croissance sont faibles, le marché japonais affiche une valorisation particulièrement avantageuse.

Pour l’exercice en cours, les actions des pays émergents se révèlent intéressantes. En effet, elles présentent également des valorisations attractives et devraient profiter d’un dollar plus faible. La croissance de l’économie chinoise devrait encore reculer en 2020. Elle était estimée à 5,8% en début d’année, mais compte tendu de l’impact du coronavirus, ce chiffre sera révisé à la baisse tout en restant élevé comparé aux économiques développées.

Banques centrales accommodantes

Le rapport cours / bénéfice des actions est historiquement élevé mais n’atteint toutefois les extrêmes de 2001. Ceci est à remettre dans le contexte de taux d’intérêts négatifs. En effet, les investisseurs se tournent vers les actions pour trouver des rendements plus attractifs. Compte tenu de la situation économique, le rapport rendement-risque des actions est équilibré. L’Amérique du nord et les marchés émergents peuvent dégager des opportunités, l’Europe se révélant plus difficile à manœuvrer.

Du côté des obligations, 13'000 milliards de dollars d’emprunts ont des rendements négatifs, ce qui représente 23% du marché. Les banques centrales des pays développés devraient maintenir leur politique monétaire expansionniste. . Une légère remontée des rendements est attendue à l’échelle mondiale en 2020.

Une certaine prudence est également de mise pour les placements immobiliers. En effet, la forte progression de 2019 a poussé les agios à des niveaux record.

Compte tenu du rôle majeur des banques centrales, des plans de relance mis en œuvre au Japon, en Russie ou en Europe, des tensions qui pourraient resurgir et d’une croissance globalement plutôt balbutiante, la flexibilité et la réactivité restent les seules vraies clés des investisseurs pour naviguer dans l’univers financier 2020.

 

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