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Parité euro-franc suisse, un danger pour l’économie suisse?

Economie

15.03.2022 , par Arnaud Chatagny, collaborateur Trésorerie & Négoce

Alors que le cours de change entre l’euro et le franc suisse se situait proche de 1,04 avant l’invasion russe en Ukraine, la monnaie helvétique a une nouvelle fois joué pleinement son rôle de valeur refuge en étant largement prisée par les investisseurs lors de l’éclatement du conflit. La devise nationale est ainsi momentanément repassée sous le seuil de parité. Il faut remonter à janvier 2015 et à l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse (BNS), pour retrouver le franc suisse à un tel niveau. 

Dans ce contexte, il est intéressant de noter que les interventions sur les marchés des changes de l’institut d’émission suisse restent très mesurées. Selon les dernières indications publiées, les avoirs à vue n’ont augmenté que de 0,5 milliard de francs au cours de la première semaine de conflit. La forte appréciation des prix à la consommation, notamment en raison de la flambée des prix de l’énergie, peut en partie expliquer la relative retenue de la Banque nationale suisse. En effet, l’inflation s’est hissée à 2,2% en février en comparaison annuelle et a dépassé les prévisions des analystes qui tablaient sur un renchérissement des prix de l’ordre de 1,8%. Même si ce niveau reste modéré en comparaison internationale, il n’avait pas été atteint depuis novembre 2008.

Le garant de la stabilité monétaire ne poursuit toutefois pas un objectif de taux de change précis, mais se doit d’examiner la situation de manière globale. Sur ce point, il parait important de relever que le taux de change, corrigé des effets d’inflation, se situe proche de sa moyenne sur 10 ans. Cela ne semble donc pas constituer une charge excessive pour le commerce extérieur. Aussi, les indicateurs économiques avancés témoignent de la bonne dynamique de l’économie suisse. Le taux de chômage se situe à nouveau à son niveau pré-pandémique sans pour autant que cela n’exerce une pression à la hausse sur les salaires. Actuellement, il semble donc que l’inquiétude des entreprises suisses est davantage tournée vers la hausse des prix de l’énergie et des matières premières que vers la hausse du franc.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

 

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