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Offensive européenne sur l’or noir russe

Economie

06.12.2022 , par Arnaud Chatagny, collaborateur Trésorerie & Négoce

L’embargo européen sur le pétrole russe est entré en vigueur ce lundi. Concrètement, cela signifie que plus aucun navire ne pourra décharger de pétrole en provenance de Russie dans les ports européens. Cet accord historique vise à priver Moscou d’une source de revenus essentielle, nécessaire à soutenir ses efforts de guerre en Ukraine. 

Cette décision n’a toutefois pas été facile à prendre, tant la dépendance des pays européens vis-à-vis de l’or noir russe est forte. Ceci est particulièrement le cas pour la Hongrie, qui s’est longtemps opposée à cet embargo. Outre les convictions politiques de son Premier ministre, le pays est enclavé et reçoit la quasi-majorité de son pétrole par oléoduc. Contrairement à la Hongrie, les pays ayant un accès à la mer peuvent plus facilement diversifier leurs sources d’approvisionnement. 

Plafonnement des prix du pétrole russe

Le compromis trouvé concernera donc uniquement les voies maritimes, ce qui représente près de deux tiers des volumes importés. Pour le reste, le choix est laissé aux Etats membres. D’autres restrictions sur les produits pétroliers raffinés entreront en vigueur début février.  L’embargo s’accompagne également d’un plafonnement des prix du pétrole russe. Ce mécanisme interdit aux pays signataires de fournir des services permettant le transport maritime de pétrole en provenance de Russie, sauf si le prix est inférieur ou égal à 60 dollars le baril. Montant jugé insuffisant pour l’Ukraine qui estime que le coût de production est de moins de 20 dollars pour la Russie. Le prix maximal sera réévalué tous les deux mois par l’Union européenne et les membres du G7.

Refus de coopération déjà proclamé 

De son côté, la Russie, deuxième exportateur mondial, a d’ores et déjà annoncé qu’elle refusait de vendre du pétrole si son prix était plafonné, même si cela implique une réduction de sa production. Reste à savoir comment réagiront les pays situés en dehors de l’Union européenne alors que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ainsi que le Japon ont pris des engagements similaires. Tous les regards sont désormais tournés vers les principaux acheteurs que sont la Chine, l’Inde et la Turquie.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.