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La fanfare des bourses, éphémère?

Economie

10.01.2023 , par Jérémy Prémand, conseiller Private Banking

Les actions suisses et européennes ont démarré l’année 2023 en trombe. Elles affichent des hausses de respectivement 3,5% pour SMI et 5% pour l’Euro Stoxx 50. Ce sont les valeurs les moins performantes de 2022 qui renaissent de leurs cendres d’une manière fulgurante en ce début d’année.

A titre d’exemple on peut citer Adidas ou Adecco. Alors qu’il avait plongé de près de 50% en 2022, l’équipementier sportif a rebondi de plus de 8% sur les premières séances. Quant au spécialiste en placement, dont le cours s’était déprécié de quelque26% l’année passée, il se ressaisit d’environ 11%.

Le short squeeze

Ces forts rebonds sont davantage liés à des aspects techniques plutôt qu’à un réel regain d’intérêt des investisseurs achetant ces actions avec de l’argent frais. En effet, dans le jargon financier, on appelle ce phénomène un «short squeeze». Cet anglicisme signifie le fait de racheter des actions qui avait été préalablement vendues à découvert. La vente à découvert est le contraire de l’achat d’actions. C’est la vente d’un titre que le vendeur ne possède pas, réalisée dans l’espoir que le prix baisse. Si vous sentez que le prix d’une action particulière va baisser, vous pouvez alors emprunter le titre à votre courtier, le vendre et obtenir le produit de la vente. Si après un certain temps, le cours de l’action baisse, vous pouvez clôturer la position en achetant l’action sur le marché libre à un prix plus bas et retourner l’action à votre courtier. Etant donné que vous avez payé moins pour les actions que vous avez rendues au courtier que pour la vente des actions empruntées à l’origine, vous réalisez un gain.  À noter que cette pratique est essentiellement utilisée par les investisseurs institutionnels et les hedge funds.

Un début d'année incertain

En conclusion, ce début d’année positif des actifs risqués fait du bien mais il repose sur des bases fragiles et non sur des fondamentaux économiques solides. Au final, les chiffres de l’inflation, les décisions des banques centrales et les résultats des entreprises devraient plutôt dicter la direction des marchés en cette année 2023.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.