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Et si nous investissions pour les générations futures?

Finance

10.06.2021, par Fabio Muccigrosso, gérant de fonds

L’investissement d’impact et durable n’est pas qu’une simple tendance. Pour répondre au défi climatique, de plus en plus de personnes souhaitent orienter leur épargne vers des investissements plus responsables, qui bénéficient à la société et à l’environnement.

Investissement vert

Cet engouement se lit dans les chiffres. Les investissements en faveur du climat ont atteint 177 milliards de dollars en 2020, un volume multiplié par trois en un an à peine, selon l’agence Morningstar.

L’investissement d’impact pour atteindre les objectifs

Alors que les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) évaluent les processus de production des entreprises et leur comportement, l’impact mesure la contribution de l’activité économique des entreprises à la résolution des besoins climatiques et sociaux. Il s’agit d’investir dans des entreprises dans le but de générer, en plus du rendement financier, un impact social ou environnemental positif et mesurable. Cette forme d’investissement relativement moderne s’inscrit en parfaite harmonie avec l’Accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré par an (par rapport au niveau préindustriel), ainsi qu’avec les Objectifs de développement durable (ODDs) lancés par les Nations Unies en 2015.

Coup de pouce vert

L’une des principales raisons derrière cet engouement pour les produits durables provient de l’annonce de politiques gouvernementales massives visant à lutter contre le réchauffement et le changement climatique. Des pays comme le Japon, la Corée du Sud, les Etats membres de l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni se sont engagés à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. En Chine, le gouvernement a pour ambition de faire baisser les émissions de CO2 avant 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060. Aux Etats-Unis, Joe Biden a placé l’environnement au centre de son programme avec pas moins de 700 milliards de dollars réservés à l’amélioration de l’empreinte carbone des infrastructures américaines. Par ailleurs, la décision du nouveau président de faire revenir son pays dans l’Accord de Paris sur le climat ne fait que confirmer la nouvelle orientation prise par les Etats-Unis.

Si de nombreuses régions apportent un soutien de plus en plus fort à cette reprise verte, l’Europe continue de montrer la voie en termes d’actions pour le climat. L’UE a adopté un plan de relance de 750 milliards d’euros, dont plus d’un tiers sera destiné aux investissements dits «verts» comme les énergies renouvelables et les technologies respectueuse de l’environnement. Ce plan vient s’ajouter au Pacte vert européen et à l’ambition de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne d’au moins 55% d’ici à 2030 (par rapport à 1990) communiquée par la Commission européenne.

Un avenir fait de pales et de cellules solaires

Ces afflux d’argent se dirigeront - et se dirigent déjà - vers les activités qui soutiennent la transition énergétique et écologique comme les véhicules électriques, la rénovation des bâtiments, l’hydrogène, l’économie circulaire ou les aliments durables. Toutefois, le besoin des Etats d’améliorer le mix énergétique actuel place les énergies renouvelables au premier rang des priorités en termes d’investissements.

Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), 120’000 milliards de dollars d’investissements dans les énergies renouvelables seront requis d’ici à 2050 pour atteindre les objectifs climatiques. L’an dernier, ces énergies propres ont fait preuve d’une impressionnante résilience. Alors que la demande mondiale a baissé de 5%, l’électricité issue des technologies vertes a progressé d’environ 7%.

Pour 2021, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la production électrique d’origine éolienne devrait croître de 17% par rapport à 2020, celle d’origine photovoltaïque de près de 18%. Un record.

Risque de bulle ?

Les fortes perspectives de croissance des secteurs en faveur du climat et les capitaux gigantesques qui leur sont destinés se sont traduits par une envolée des valorisations «vertes» l’année dernière. Par exemple, l’ETF de iShares Clean Energy, un fonds coté qui rassemble 30 entreprises du monde entier actives dans les énergies propres, a progressé de 140%, loin devant les 18% de l’ensemble du marché boursier américain.

L’investissement dans les sociétés bénéfiques pour l’environnement n’est toutefois pas sans risque.  L’enthousiasme pour cette thématique a provoqué une expansion extraordinaire des multiples de valorisation, au point que certains observateurs ont tiré la sonnette d’alarme en avertissant sur les risques d’éclatement de la «bulle verte». Début 2021, la correction a fini par arriver: entre le 8 janvier et le 5 mars, les valeurs liées aux énergies renouvelables ont chuté de 35%. Ces forts mouvements de marché méritent de souligner combien il est important de diversifier ses placements. De cette façon, l’investisseur évitera qu’une seule position ne détériore l’entier de son portefeuille de titres.

Pour assurer la diversification de ce dernier, mais également pour répondre à l’Agenda 2030 des Nations Unies, d’autres secteurs d’investissement que les énergies seront nécessaires. Eau potable, éducation, agriculture, produits de consommation, mobilité intelligente, etc., qu’importe la thématique, investir pour les générations futures démarre aujourd’hui.

Bon à savoir

  • L’investissement d’impact permet de concilier rendement et protection de l’environnement.

  • Les gouvernements s’engagent sur la neutralité carbone et promettent des investissements massifs pour le climat.

  • La correction sur les valeurs «vertes» a rappelé que la diversification des placements est essentielle. 

Une version de cet article est parue dans Générations. 

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