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La BCNActualités et médiasActualitésRegards croisés sur la transmission d'Henri Robert à La Chaux-de-Fonds
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Regards croisés sur la transmission d'Henri Robert à La Chaux-de-Fonds

PME

20.05.2019 , par Marie-Laure Chapatte. responsable Communication & Pôle économique

En vendant 75% de sa société Henri Robert à un cadre qu’il avait choisi, Laurent Ryser a réussi la transmission de son entreprise, malgré l’échec de son plan initial.

Ils se sont choisis mutuellement pour un projet commun, la remise de la société Henri Robert à La Chaux-de-Fonds. D’un côté, Laurent Ryser, 60 ans l’année prochaine. De l’autre, Thibault Richard, 42 ans. Au cœur des enjeux, une petite PME familiale de 7 collaborateurs spécialisée dans les outils de coupe de haute précision. Regards croisés sur cette étape nécessaire – mais pas toujours linéaire - de la transmission d’entreprise.

Les origines de la transmission

Laurent Ryser: Quand j’ai repris la société en 2011, je savais déjà qu’aucune piste familiale n’était à explorer, l’objectif était donc de remettre Henri Robert à un cadre. L’entreprise dormait quelque peu sur ses lauriers. Nous devions travailler l’image et renouer avec les investissements, ce qui a été fait. J’avais alors misé sur une cadre de confiance, mais au final, j’ai dû accepter que j’avais fait une erreur et j’ai dû changer mes plans en trouvant un nouveau directeur, avec l’idée qu’il reprenne la société.
Thibault Richard: J’ai vraiment un parcours atypique, avec une formation initiale dans le commerce, puis je suis devenu éducateur HES pour terminer responsable de l’antenne chaux-de-fonnière de l’Orif. Mais j’ai toujours eu en moi l’attirance pour être à «la tête de », et la dynamique privée m’a séduit. Les discussions sont allées très vite.
Laurent Ryser: J’ai senti en Thibault les épaules d’un entrepreneur, c’est pourquoi je lui ai proposé de relever ce défi.

Le prix de vente de l’entreprise

Laurent Ryser: J’ai posé le prix directement, et celui-ci n’a pas changé. Les employés ont de l’or au bout des doigts, mais il fallait un peu redynamiser le commercial. Je souhaitais que le repreneur soit directement impliqué dans cette réussite. Je souhaitais aussi conserver 25% des actions, c’est une manière de dire que je crois en lui et dans la société.
Thibault Richard: Pour moi, le prix tenait la route. Le cédant m’a aussi tout de suite dit que si je le souhaitais, je pouvais me faire conseiller par quelqu’un d’externe. Le processus s’est fait en très bonne intelligence, sachant que mes moyens financiers, donc mes fonds propres, étaient limités.

Le processus de financement

Thibault Richard: Je pensais que le chemin était plus tortueux que cela et nous avons trouvé une solution avec la banque et au travers d’un prêt vendeur. Je ne dis pas que ça été facile, mais avoir une banque qui prend les décisions dans le canton, c’est un luxe incroyable. Mon objectif est de rembourser les deux dans les huit à dix ans. Pour cela, pas le choix, il faut que l’entreprise génère des bénéfices.  
Laurent Ryser: Quand vous réalisez ce type d’opération, vous ne regardez pas un taux, mais l’établissement qui est capable de vous accompagner, de comprendre votre activité et de discuter en cas de problème.
Frédéric Bigler, responsable Entreprises à la BCN: «Cette transmission d’Henri Robert correspond parfaitement à la philosophie de la BCN, qui privilégie, quand cela est possible, un actionnariat local dans les PME. L’idée de conserver une part minoritaire des actions est intéressante car elle démontre la confiance du vendeur dans l’acheteur et allège un peu le poids financier de la transmission. Il faut toutefois que cela se fasse en bonne entente et que le nouveau patron sente que justement, désormais, c’est bel et bien lui le patron.»

La vision d’avenir

Thibault Richard: Nous sommes passés d’un petit atelier familial à une PME high-tech avec six centres d’usinage 5 axes. Nous devons encore passer au stade supérieur en termes de volume, sans perdre notre atout de compétitivité principal qu’est la réactivité. Nous visons une douzaine de collaborateurs dans les 3 à 5 ans.
Laurent Ryser: Et pour cela, nous entendons développer des clients hors de l’horlogerie, qui représentent 85% du chiffre d’affaires. Il faut se déployer dans le médical, l’aérospatial, l’aéronautique, etc.

Le jour de l’entretien, Laurent Ryser avait changé son profil Linkedin, il n’est plus qu’administrateur de Henri Robert. Un geste symbolique, certes, mais qui témoigne de son attachement à respecter son nouveau rôle, celui de conseiller.  

 

En BREF

Henri Robert
Fondée il y a 60 ans
Siège à La Chaux-de-Fonds
Active dans les outils de coupe
7 collaborateurs
https://www.henri-robert.ch

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