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Quand plaisir et rendement côtoient risques et dangers

Finance

31.05.2022 , par Pedro Palomo, responsable Marché

La période dorée de l’immobilier, valeur solide ces dernières années, pourrait quelque peu pâlir, notamment au regard du mouvement de hausse des taux d’intérêts.

Depuis plus de dix ans, la hausse des prix de l’immobilier est constante dans le canton de Neuchâtel. La progression atteint en moyenne annuelle 3,72% pour le marché de la PPE et 3% pour la villa. Cette dynamique positive aurait presque fait oublier les risques liés à la propriété foncière. Dans un environnement de taux favorable aux emprunteurs, beaucoup de personnes ont en effet pu réaliser leur rêve d’accéder à la propriété avec, en sus, un large avantage économique par rapport à la location. 
Ce contexte monétaire accommodant a en outre permis aux investisseurs de dégager des rendements substantiels sur les immeubles locatifs. La pierre a renforcé son image de valeur solide, voire inaltérable aux yeux de certains, alors que d’autres catégories d’actifs se sont montrées plus vulnérables aux soubresauts conjoncturels.

Loyer de l’argent plus élevé

Cependant, après une période dorée pour l’immobilier en Suisse, les réalités économiques semblent cette fois en mesure de réorienter le marché. Le mouvement d’augmentation des taux initié sur les derniers mois de l’année 2021 s’est renforcé au gré des chamboulements géopolitiques.
L’évolution du loyer de l’argent, longtemps considéré comme la principale motivation d’achat, pourrait renverser la tendance dans divers segments. Tout dépendra de la poussée inflationniste et de ses effets sur les conditions d’intérêts. Après de nombreuses années de quiétude, les craintes d’une correction des valeurs immobilières viennent rappeler aux propriétaires et aux investisseurs l’existence de risques financiers. 

Investissements indispensables

Mais au-delà du renchérissement du coût de la dette et de ses incidences financières, les propriétaires sont confrontés aux exigences toujours croissantes en matière d’entretien de leurs objets et à l’arrivée de nouvelles prescriptions visant à améliorer la sécurité et l’efficience énergétique des bâtiments. Si ces investissements sont indispensables pour préserver la valeur du patrimoine et en réduire les charges d’exploitation, ils requièrent néanmoins certains moyens financiers.
Aux incertitudes économiques et besoins en rénovations, d’autres nuages viennent perturber le paysage foncier. Le dérèglement climatique a augmenté la fréquence des catastrophes naturelles. Les crues et inondations causées par de fortes précipitations et les tempêtes violentes se sont multipliées, y compris dans le canton Neuchâtel. Si les phénomènes sismiques survenus dans le pays ont été depuis fort longtemps sans conséquences majeures, les événements liés au réchauffement de la planète provoquent de plus en plus d’effets dévastateurs. 

Anticiper pour limiter les impacts 

Alors que les institutions financières proposent des solutions à taux fixe pour assurer durablement la charge d’intérêt hypothécaire et que les incitations visant à accélérer la transition énergétique des bâtiments sont nombreuses, les dégâts naturels ne sont pas encore assez pris en compte lors de la construction ou la recherche d’un bien-fonds. 
Pourtant, les sources d’information sont largement disponibles tant auprès de registres publics que des établissements cantonaux d’assurance et des compagnies privées. Les zones sensibles, les mesures nécessaires de protection à prendre et les dommages éventuels à couvrir peuvent être facilement recensés. En intégrant ce facteur de risque supplémentaire dans leurs analyses et décisions, les propriétaires continueront de profiter pleinement des joies de l’immobilier. 

Une version de cet article est parue dans Arcinfo

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