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Plus de cafés, mais moins de films

Finance

27.04.2022 , par Olivier Nicolet, conseiller Private Banking

La perte du pouvoir d’achat provoquée par l’inflation pousse de nombreux ménages à réduire leurs dépenses. La bonne nouvelle pour des entreprises comme Nestlé?  Les biens essentiels ne figurent pas sur la liste des achats à diminuer. C'est du moins ce que laisse entendre ses excellents résultats trimestriels publiés jeudi dernier.

Au premier trimestre 2022, le géant agroalimentaire a vu ses recettes augmenter de 7,6%, tirées notamment par les activités liées au café et les produits pour animaux de compagnie. La croissance se compose d'une hausse des prix de 5,2% qui s’ajoute à une croissance de 2,4% de la quantité des biens vendus. En d’autres termes, la demande pour les produits de base reste forte malgré des prix en nette hausse. Cette dynamique s’observe également auprès des pairs à l’international. Ainsi, les volumes chez l’américain Procter & Gamble ont augmenté de 3%, alors que le groupe a relevé ses prix de 5%. En France, Danone a affiché une solide progression des volumes (+2,2%) tout en augmentant ses prix de 4,9%.

La dégringolade de Netflix 

Si le secteur des biens essentiels échappe, pour le moment du moins, à la diminution des dépenses des ménages, on ne peut pas en dire autant des produits plus discrétionnaires comme les services de streaming. Le numéro un de la vidéo à la demande, Netflix, a perdu plus d'un tiers de sa valeur boursière mercredi après avoir signalé sa première baisse d'abonnés payants (200'000 durant le premier trimestre) depuis plus de dix ans. La concurrence plus intense entre les plateformes (Disney Plus, Apple TV, etc.) a pesé, mais les utilisateurs ont probablement aussi essayé de réduire leurs dépenses.

En bourse, les investisseurs anticipent depuis quelques mois déjà le comportement plus frugal des consommateurs. En 2022, le titre Nestlé affiche une performance légèrement positive (+0,27%) dans un marché agité, alors que Netflix s’effondre de 65%. En cette période de forte inflation, les valeurs défensives n’ont jamais aussi bien porté leur nom.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

 

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