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L’incertitude reste le moteur de 2019

Finance

24.09.2019 , par Stéphane Crevoisier, responsable Private Banking Montagnes

Déjà bientôt les trois quarts de l’année écoulés. Les problématiques macro-économiques continuent d’influencer fortement les marchés financiers. Rétrospective des neuf premiers mois écoulés.

Pour l’heure, même si des différences notables apparaissent entre les pays, la plupart ont, jusqu’à présent, affiché une croissance. Toutefois, l’Allemagne subit de plein fouet le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, si bien que son produit intérieur brut (PIB) s’est contracté de 0,1% au deuxième trimestre 2019. Si ce recul devait se confirmer, alors le pays serait techniquement considéré en récession.

Une absence de récession…

Le moteur allemand se grippe, donc, et l’économie helvétique est prise dans le même tourbillon. Ainsi, la Suisse devrait également voir sa croissance ralentir fortement (+0,8% en 2019 selon le SECO). L’atout du très faible taux de chômage est toutefois rassurant. Quant aux Etats-Unis, malgré les tensions du conflit commercial, le PIB a progressé de 2,3% au deuxième trimestre. La hausse des salaires et la confiance des consommateurs devraient continuer à soutenir le marché intérieur, principal moteur de croissance outre Atlantique.

… mais une industrie en berne

D’une manière générale, tous les indicateurs conjoncturels ont continué de s’affaiblir. En Europe, l’indice des directeurs d’achats (PMI) dans le secteur manufacturier a atteint 47 points au moins d’août, soit son plus bas niveau depuis 2012. En passant sous la barre des 50 points, ce secteur entre en zone de décroissance. Si le marché du travail reste robuste, dans le détail, des suppressions d’emplois dans l’industrie ont été enregistrées pour la première fois depuis plusieurs années et le nombre de chômeurs allemands a progressé. Ici aussi, le dynamisme s’étiole quelque peu. 
Comme chez nos voisins, le PMI manufacturier suisse est redescendu sous la barre des cinquante points et fait figure de mauvais élève en comparaison internationale. Aux Etats-Unis enfin, l’industrie n’est pas encore techniquement en contraction, mais à 50,3 pts, le PMI manufacturier est au plus bas depuis septembre 2009. Toutefois, un recul de l’industrie n’entraîne pas toujours une récession globale de l’économie, portée à hauteur de quelque 80% par les services. Et là, la confiance reste de mise.

Le franc et l’or toujours plus forts

Les marchés étant fébriles, et les incertitudes géopolitiques nombreuses, le franc joue pleinement son rôle de valeur refuge. La devise helvétique s’apprécie notamment vis-à-vis de l’euro depuis le mois de mai, qui coïncide avec le déterrement de la hache de guerre de Donald Trump envers la Chine.
L’or profite également de ces turbulences. Le cours du métal jaune a commencé son envol en mai dernier. Le motif? Toujours le conflit commercial, qui renforce la fébrilité des investisseurs. Il a ainsi atteint un plus haut en six ans début septembre dernier à 1552 dollars l’once. L’or constitue par conséquent une belle diversification, car il est faiblement corrélé à l’évolution du marché des actions. Toutefois, il ne faut pas oublier que cette matière première n’offre aucun rendement. Seule l’évolution de son prix entre dans les calculs mais, dans le contexte actuel, notamment des taux négatifs, le métal jaune reste précieux dans les portefeuilles. 

La dégringolade des rendements obligataires

Les rendements obligataires négatifs – rappelons que l’investisseur paye alors pour prêter de l’argent – sont également un signe d’inquiétude sur la conjoncture mondiale. Depuis fin juillet, la spirale baissière des taux est en marche. Aux Etats-Unis, la courbe des taux d’intérêts sur les bons du Trésor américain s’est inversée brièvement mi-août pour la première fois depuis 12 ans. Cela signifie que le marché doute de la capacité de la Réserve fédérale américaine (Fed) à adopter de manière brutale une politique ultra accommodante et que la récession ne pourra être évitée tôt ou tard.
A ce jour, les rendements négatifs concernent 20'000 milliards d’obligations et après les Etats, le phénomène gagne les entreprises. En effet, ces emprunts d’entreprise négatifs ont doublé en quelques semaines pour franchir la barre des 1000 milliards, selon Bloomberg. Les paradigmes financiers changent et il faut désormais s’y habituer. Pour les investisseurs aujourd’hui, pour les petits épargnants demain, peut-être.  

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