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Les banques centrales vont progressivement retirer leur soutien à l’économie

Finance

09.02.2022

Un changement d’attitude des banques centrales à travers le monde est attendu en 2022. Le point avec Fabio Muccigrosso, gérant de fonds à la BCN.

Les banques centrales vont-elles à nouveau jouer un rôle décisif en 2022 ?

Fabio Muccigrosso: Durant la crise du Covid-19, il est vrai que les banques centrales ont joué un rôle majeur en abaissant rapidement les taux directeurs et en injectant massivement des liquidités sur les marchés. Aujourd’hui, avec une croissance économique supérieure à la moyenne et une inflation qui dépasse largement l’objectif de 2% des banques centrales, ces politiques ultra-expansionnistes ne sont plus justifiées. Pour éviter une situation de surchauffe, les banques centrales vont progressivement retirer leur soutien à l’économie en terminant leur programme d’achats d’actifs extraordinaire et en augmentant les taux directeurs. 

Quel sera le rythme de ce durcissement monétaire?
Alors que le cycle de hausse de taux est déjà bien avancé dans de nombreux pays émergents, il n’en est qu’à ses débuts dans les pays développés. Les yeux seront rivés sur la Réserve fédérale américaine (Fed), pour qui la maîtrise de l’inflation est devenue la priorité. Nous attendons quatre hausses de taux cette année aux Etats-Unis, avec une première en mars. En Europe et en Suisse, où les pressions inflationnistes et les dynamiques de croissance sont moins fortes, aucune hausse de taux n’est attendue avant 2023. La Banque Centrale Européenne mettra fin à son programme d’achats d’urgence contre la pandémie en mars. La Banque Nationale Suisse quant à elle concentrera ses efforts sur le marché des devises pour éviter tout renforcement significatif du franc. Il est très intéressant de noter que la Banque populaire de Chine emprunte une direction opposée, en assouplissant sa politique monétaire, afin de contrer le ralentissement de la croissance économique observé en 2021.

Les impacts de ces changements seront-ils marqués pour les marchés financiers?
Sur le marché obligataire, les perspectives de resserrement monétaire vont continuer de tirer les rendements à la hausse, ce qui impactera négativement les cours des obligations de longues échéances. Sur les marchés d’actions, tant que l’ampleur et le rythme de hausses de taux resteront conformes aux attentes, les périodes de volatilité devraient être de courte durée. Sans oublier que les taux d’intérêts resteront à des niveaux historiquement bas, même après l’intervention des banques centrales, ce qui reste un élément positif pour les actions.

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