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«Les actions suisses ont encore un potentiel de progression»

Finance

25.08.2021 , par Marie-Laure Chapatte, responsable Communication & Pôle économique

Grâce à une reprise vigoureuse et au soutien massif des gouvernements et des banques centrales, les entreprises affichent des résultats record. Pour Vincent Schwery, gérant de fonds à la BCN, il en découle une marge de progression pour les titres helvétiques.

Comment se porte le marché des actions en Suisse aujourd’hui ?
Photo de Vincent Schwery, gérant de fonds à la BCNVincent Schwery
: C’est une année exceptionnelle. L’indice SMI flirte avec la barre des 12'500 points. Qui l’eût cru l’année dernière avec la crise que nous avons vécue?

Comment expliquez-vous que les indices atteignent ces niveaux historiques ?
Tout d’abord, nous constatons que la reprise est rapide et vigoureuse. En fait, il y a eu un vrai changement de paradigme par rapport à la dernière crise financière de 2008, lors de laquelle la réponse des gouvernements avait été quasiment nulle. Avec la crise du Covid, les programmes de soutiens massifs à l’économie des gouvernements et les politiques expansionnistes des banques centrales soutiennent la reprise. C’est un élément clé. Sans ces programmes et stimuli, nous n’en serions pas là. Nous pouvons d’ailleurs nous réjouir: la Suisse figurera parmi les premiers pays à retrouver son niveau d’activité d’avant-crise.

Presque toutes les entreprises arrivent à surprendre avec leurs résultats…
C’est vrai, nous assistons à une saison des résultats d’exception avec une écrasante majorité d’entreprises qui surprennent positivement. Le rétablissement rapide des bénéfices justifie la valorisation élevée des actions et garantit la progression des dividendes. Ces publications témoignent par ailleurs de la bonne santé de l’économie.  

Ces bénéfices seront-ils réinvestis?
Oui, les intentions d’investissement sont remontées en flèche, ce qui est positif pour les perspectives de croissance future. Les entreprises ne semblent pas privilégier la voie de dividendes extraordinaires et comptent plutôt réinvestir cet argent. Logitech, qui sort gagnant de la crise, a par exemple clairement confirmé réinvestir les bénéfices supplémentaires dans la recherche et le développement et le marketing afin d’augmenter le potentiel de ses ventes futures.

Des pépites suisses, à l’image de VAT Group, SIG Combibloc, Barry Callebaut ou Georg Fisher, figurent parmi vos choix d’investissement. Qu’ont ces actions en commun pour vous séduire?

Les quatre sont exposées à des tendances structurelles solides sur le long terme et profitent de marchés sous-jacents en forte croissance. Par ailleurs, elles ont des positions concurrentielles excellentes, qui reflètent la supériorité technologique et la force d’innovation de ces entreprises. La qualité supérieure de leurs produits leur confère le pouvoir de fixer les prix, ce qui débouche forcément sur une rentabilité supérieure à la moyenne. Finalement, ces entreprises ont fait de la durabilité une priorité et profitent de ce positionnement dans l’environnement actuel. Grâce à notre processus d’investissement structuré et éprouvé, ainsi que notre sélection très rigoureuse, notre fonds en actions suisses surperforme l’indice de référence, le SPI.

Les actions sont au plus haut. Peuvent-elles vraiment encore grimper?
Oui, elles ont encore un potentiel de progression, même si on sait que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Avec des taux d’intérêts à des niveaux planchers, le marché des actions reste le plus attractif de toutes les classes d’actifs malgré des valorisations élevées. Les entreprises surpassent les attentes, les gouvernements délient leur bourse, les banques centrales injectent des liquidités et la pandémie paraît maîtrisée si l'on prend comme indicateur les hospitalisations. Toutes les étoiles semblent donc alignées pour que les marchés d’actions continuent de pousser. Cependant, c’est une remise en question journalière. En effet, une nouvelle ou un événement particulier peut bousculer l’équilibre actuel. Par exemple, les élections à venir en Allemagne pourraient ramener une ligne d’austérité, les banques centrales pourraient revenir à une politique plus restrictive et de nouveaux variants pourraient faire leur apparition. Alors, il faudra réajuster les portefeuilles.