La BCN Actualites et medias Actualités Le Royaume-Uni cumule les effets secondaires

Le Royaume-Uni cumule les effets secondaires

Economie

31.08.2021 , par Philippe Rollier, responsable Private Banking

Malgré le succès des campagnes de vaccination outre-Manche, les pénuries continuent de s’aggraver au Royaume-Uni. Le champion du fastfood McDonald’s a ainsi annoncé la semaine passée qu’il retirait les milkshakes et les boissons en bouteille de ses menus. La situation est encore plus grave pour la chaîne de restaurants Nando’s qui a dû fermer une cinquantaine de restaurants par manque de poulet. Le problème ne touche pas que la restauration, les étalages de plusieurs magasins se sont aussi vidés.

La principale organisation patronale britannique, la Confederation of British Industry (CBI), avertit que les inventaires des distributeurs ont atteint leurs plus faibles niveaux depuis près de 40 ans et la situation pourrait encore s’aggraver à partir d’octobre selon la fédération britannique de la distribution. Les approvisionnements pour les fêtes de fin d’année trouvent difficilement des places sur les navires, mettant Noël en péril.

Dans l’industrie, les usines automobiles sont toujours en manque de puces et se voient forcer de ralentir la production à la plus faible cadence depuis les années 50. Les PME dans la construction se retrouvent à la fois à court de matériaux et de main d’œuvre. Les effets de la pandémie sur les chaines d’approvisionnement et les secteurs des services ont été constatés à travers le monde à de nombreuses reprises, mais le Royaume-Uni, un des leaders dans les campagnes de vaccination, est doublement pénalisé par le Brexit. Son retrait de l’Union européenne le 1er janvier 2021 complique l’entrée des travailleurs européens, tandis que la pandémie accentue l’exode des collaborateurs étrangers mis au chômage partiel ou licenciés. Face au problème, les géants de la distribution recourent aux primes pour attirer chauffeurs et magasiniers. Des partenariats sont même envisagés entre certaines industries et les prisons pour faire travailler les détenus. Le gouvernement, lui, reçoit de plus en plus de pression des organisations patronales pour alléger les réglementations post-Brexit sur l’immigration et faciliter l’entrée des chauffeurs étrangers.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.