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Le nouvel or blanc, nerf de la transition énergétique

28.11.2022 , par Nicolas Schwaar, conseiller Private Banking

Avec la transition énergétique, le monde va passer du paradigme de kilowattheures carbonés, consommateurs d’énergies fossiles, à celui des kilowattheures métallisés, consommateurs de cobalt, nickel, lithium, manganèse, terres rares, cuivre ou encore aluminium.

Parmi ces matériaux, le lithium est devenu une denrée vitale. De plus en plus utilisé dans les batteries des appareils électroniques (smartphones, téléviseurs, etc.) et dans les voitures électriques, il est aussi employé pour stocker l'énergie produite par les panneaux solaires et les éoliennes. Maillon essentiel de la transition énergétique, ce nouvel «or blanc» a même gagné le surnom de «pétrole du XXIe siècle».  

En conséquence, le contrôle des futurs sites d’extraction de ce minerai critique devient un enjeu géopolitique majeur. En effet, d’après Bloomberg, la Chine contrôle 80% du raffinage mondial et a des accords avec les principales nations riches en lithium. Alors que la consommation de lithium sera multipliée par 18 d’ici à 2030, le risque existe que celui-ci devienne le prochain gaz russe.

Développer l'économie circulaire

Pour réduire sa dépendance, il est donc vital pour l’Europe de relocaliser la production minière et d’accélérer le développement de l'économie circulaire des métaux. Il existe aujourd'hui une vingtaine de projets de mines ou d'usines de conversion en lithium en Europe et les projets de raffineries se multiplient.

Des matériaux biosourcés

Par ailleurs, les efforts pour substituer certains métaux dans les nouveaux modèles de batteries avancent. Aujourd'hui, la batterie LFP (lithium fer phosphate) n'utilise ni cobalt, ni nickel, et demain, elle pourrait même se passer de lithium. Autre exemple, la substitution du graphite par la lignine dans les batteries. Ce matériau biosourcé, entièrement issu de matières premières européennes, compétitif et performant, provient de la séparation du bois lors de la production de fibres de cellulose.

A terme, les premiers effets de l'économie circulaire devraient se manifester. La technologie permet en effet de récupérer 95% des métaux contenus dans les batteries. Grâce au recyclage massif, la demande européenne de métal primaire passera ainsi de 90% en 2030 à environ 20% en 2050.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.