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La BCNActualités et médiasActualités«L’atmosphère actuelle incite les entrepreneurs à afficher un profil bas»
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«L’atmosphère actuelle incite les entrepreneurs à afficher un profil bas»

PME

01.12.2020 , par Marie-Laure Chapatte, responsable Communication & Pôle économique

Dans son travail quotidien, Laila Cinotti, responsable Entreprises Montagnes, côtoie des entrepreneurs neuchâtelois. Alors que la deuxième vague déferle, elle les accompagne et les conseille face aux échéances de fin d’année.

La BCN : Dans quel état d’esprit sont-ils ?
Laila Cinotti:
Il est très différencié. Dans l’événementiel, la restauration, l’hôtellerie, le tourisme et le commerce de proximité, ils sont inquiets, voire même très inquiets pour les restaurateurs. D’autres sont impactés par les employés malades, les quarantaines, parfois à répétition, cela pose des problèmes de suivi du volume de production et de respect des délais. D’autres encore n’osent pas se réjouir de la bonne forme de leur société et des bons résultats 2020, l’atmosphère actuelle incitant à afficher un profil bas.

Arrivent-ils à se projeter sur 2021 dans les circonstances actuelles ?
Pour avancer, mesurer, prendre des décisions en cours d’année, l’entrepreneur a besoin d’objectifs qui vont lui servir de guide. Dans cette période incertaine, il n’est pas rare de les voir établir trois budgets : un normal, un au mieux, un au pire, ainsi que les scénarii en conséquence de manière à être prêt à toute éventualité.

Lors de la première vague, les PME ont pu bénéficier des prêts Covid cautionnés par la Confédération. Cette fois, vous sollicitent-ils pour affronter cette deuxième vague ?
Pour l’heure nous avons très peu de demandes pour des liquidités étant entendu que les prêts Covid 19 ne peuvent plus être sollicités depuis le 31 juillet 2020. En effet, qui dit prêt, dit remboursement et les entrepreneurs sont très conscients de ce que cela implique. En contractant un emprunt de 10% de leur chiffre d’affaires annuel, pour pouvoir rembourser dans un délai raisonnable, disons cinq ans, cela suppose un bénéfice annuel d’au moins 2% du chiffre d’affaires, partant d’une année 2020, mauvaise, d’une année 2021 incertaine, etc.

Outre les liquidités, quelles difficultés doivent affronter les dirigeants ?
Les liquidités sont le souffle de l’entreprise, mais il faut encore que la société puisse produire, vendre ses produits et les distribuer. Aujourd’hui une des grandes difficultés rencontrées, c’est le manque de visibilité. L’entreprise est confrontée à l’incertitude liée à la disponibilité de la main d’œuvre (maladie, quarantaine, etc.) . Sans compter que pour que les clients achètent, la confiance des consommateurs est indispensable, et pour l’heure elle n’est pas encore de retour. Les entreprises actives dans le commerce de détail doivent faire face aux fermetures et à la concurrence d’internet.

Certains ont déjà néanmoins remboursé leurs prêts Covid. Pourquoi ?
Certains l’avaient demandé par sécurité, histoire d’appréhender la crise, mais n’en ont pas eu l’utilité. Et puis les conditions d’octroi de ces prêts étaient limitatives. Les entreprises qui souhaitent investir, verser des dividendes ou transmettre leur société ont préféré s’affranchir de ces prêts pour accroître leur marge de manœuvre.

Si un patron se pose la question de ce remboursement, que lui conseillez-vous ?
Nous analysons l’ensemble de la situation financière de la société, de son domaine d’activité et des perspectives. Si le résultat est positif, et plutôt en cas de nécessité, par exemple de faire un investissement, nous optons pour le remboursement. Dans d’autres cas, l’incertitude n’étant pas tout à fait levée, il vaut mieux attendre. Mais dans tous les cas il faut prévoir un remboursement à échelonner dès 2021.

Avec cette deuxième vague, les faillites seront-elles inévitables, par exemple chez les restaurateurs?
C’est difficile à dire, mais il est vrai que c’est un secteur qui a déjà tendance à être souvent très tendu financièrement. Les prêts Covid ont comblé le manque de mars-avril, l’été a été faste pour ceux qui bénéficiaient de terrasses, mais la fin de l’année avec ses banquets ou ses repas d’entreprises et de famille qui n’auront pas lieu entraînera un grand manque. En effet, même si la réouverture est planifiée pour le 10 décembre, le nombre de personnes pouvant se réunir sera limité. Cette fin d’année sera très difficile pour la restauration et les aides ne couvriront pas toutes les pertes, surtout concernant les charges fixes.

Quant à l’industrie, comment appréhende-t-elle 2021?
Avec deux horizons différents. Les entreprises liées à la sous-traitance, dans des domaines tels que l’aviation, l’automobile, la machine-outil ou encore à certaines marques horlogères, sont confrontées à des difficultés. Celles plutôt en lien avec le médical, le luxe de manière générale et l’horlogerie de luxe, la production d’outils ou la réparation ont de meilleures perspectives. Ce qui se vérifie encore une fois c’est que le maître-mot pour une bonne maîtrise des risques et des imprévus, c’est la diversification.

 

 

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