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L’argent change à nouveau de mains plus vite

Economie

13.09.2022 , par Stéphanie Guillod, responsable Private Banking Montagnes

On parle peu de vélocité ces jours-ci, mais dans les premiers soubresauts de la crise financière, elle figurait au centre de l’attention. La vélocité est en quelque sorte le nombre moyen de fois que chaque unité de monnaie est dépensée dans l’économie.

Depuis la crise de 2008, cette dernière n’a cessé de baisser malgré la création par la Réserve fédérale américaine (Fed) de milliards de nouveaux dollars afin d’essayer de ressusciter la demande. Les banques centrales ont fait tourner la planche à billets comme jamais, mais sans l’effet escompté.

Techniquement (pour ceux que ça effraie, passez directement au paragraphe suivant), la vélocité est définie comme le ratio du produit intérieur brut à la monnaie M2. Rappelons que la M2 est constituée de la monnaie M1 (numéraire en circulation, avoirs en comptes de virement du commerce et de l’industrie et avoirs des déposants à la banque centrale, dépôts à vue détenus par les résidents et les avoirs en comptes postaux) plus les dépôts d’épargne, carnets et livrets de dépôts dans les banques.

L'échec de la planche à billet

La demande s’effondrait car l’appétit pour le risque des entreprises et des ménages était au plus bas et que les principaux fournisseurs de crédit à l’économie - les banques, donc - étaient occupées à assainir leurs bilans et peu disposées à prêter. Ces gigantesques quantités de liquidités créées par les banques centrales n’ont donc pas circulé dans l’économie réelle, mais plutôt dans les actifs financiers. C’est pourquoi la Fed n’a pas été en mesure de créer une inflation durable malgré l’expansion de son bilan à des niveaux sans précédent.

Aujourd’hui, l’inflation élevée oblige les banques centrales à resserrer leurs politiques monétaires, hors la vélocité est corrélée positivement à la hausse des taux d’intérêts. Cette dernière devrait donc continuer à progresser. Un nouveau dicton financier pourrait s’intituler ainsi «Quand le feu de l’inflation est allumé, la vitesse des échanges l’alimente». 

Une version de cet article a été publiée dans Arcinfo.

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