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La Turquie chahute le secteur bancaire européen

Finance

23.08.2018 , par Stéphanie Guillod, conseillère Private Banking

Depuis le début de l’année, la finance turque est malmenée : la livre a reculé d’environ 30% face au dollar, la bourse d’Istanbul s’est affaissée de 20% et les rendements obligataires ont atteint des sommets. Comment cela impacte-t-il l'Europe, notamment ses banques?

L’économie turque se trouve actuellement dans une situation très instable avec une inflation supérieure à 15%, un déficit courant important et un endettement élevé, libellé en grande partie en dollars et en euros. Cette forte dépendance aux capitaux étrangers, conjuguée à la hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis et à la dévaluation de la livre, soulève des doutes sur la solvabilité de la Turquie.

Exposition limitée

Bien que la banque centrale turque ait relevé ses taux d’intérêt nominaux en mai à 17,75%, les rendements à court terme, après correction de l’inflation, semblent trop faibles pour attirer les investisseurs. En outre, le président Erdogan s'est prononcé à plusieurs reprises contre une hausse des taux d'intérêt, ajoutant des incertitudes quant à l'indépendance de la banque centrale. Par conséquent, les marchés internationaux craignent une contagion à l’Europe et aux marchés émergents. Ainsi, les actions des grandes banques européennes ont subi une pression considérable, comme en témoigne l’indice Eurostoxx Banks, qui a plongé de 18% depuis la mi-mai. Toutefois, après observation, l’exposition des banques européennes à la Turquie s’avère relativement limitée.

En effet, les établissements espagnols et italiens les plus concernés par les difficultés du système financier turc, sont exposés à hauteur de 4,5% et 2,1% de leur bilan, soit un risque qui reste supportable. En ce qui concerne le commerce extérieur, la Turquie n’est que le 5e partenaire commercial de l'Union européenne avec une part de 4% des échanges. À l'instar des crises économiques passées en Turquie, on peut estimer que les turbulences actuelles n’auront probablement pas d'impact direct négatif sur l'économie globale de l'Europe.

Et enfin, si la crise turque a semblé confirmer un à priori négatif entourant d’autres pays émergents, ces derniers présentent généralement un bilan économique plus équilibré que la Turquie. Seule l'Argentine, au bénéfice d’une aide récente du Fonds monétaire international, fait exception.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

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