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La transmission de Gaille Construction s’est faite au pic de la crise sanitaire

PME

01.12.2020 , par Marie-Laure Chapatte, responsable Communication & Pôle économique

Les deux cadres qui ont repris l’entreprise de construction en ossature bois de Fresens ont dû affronter une crise sanitaire au moment de leur prise de fonctions. Samuel Reift, 36 ans, et Jean-Noël Jeannerod, 39 ans, racontent leur année 2020 au-delà de la pandémie.  

Samuel Reift et Jean-Noël Jeannerod posent devant leur tout nouveau centre d’usinage, dans les ateliers de Fresens.

Une entreprise centenaire a forcément traversé des crises. Basée à Fresens, Gaille Construction en subit une d’un nouveau genre, la pandémie. Ce spécialiste de la menuiserie et de la charpente a toujours su s’adapter, par exemple en devenant pionnier dans les constructions en ossature bois.

Cette crise sanitaire représente toutefois un défi inédit pour Samuel Reift et Jean-Noël Jeannerod. A même pas quarante ans, ces deux cadres passionnés ont repris l’entreprise au printemps dernier pour un montant conséquent. «Nous n’avions juste pas signé la vente que nous faisions déjà la demande pour des réductions d’horaire de travail (RHT)», détaille le premier. «En fait, nous avons pratiquement démarré en fermant l’entreprise pendant un mois», complète le second.

La transmission d’entreprise avait pourtant été préparée très en amont et s’apparente à un modèle du genre. Appelés de longue date à reprendre l’entreprise, intégrés de manière progressive dans les décisions de la direction, les jeunes dirigeants étaient prêts. Pourtant, ils ont dû faire le plongeon dans les eaux troubles de la pandémie.

Formation accélérée de «patrons»

Cette formation accélérée de «patrons » leur rappelle un élément essentiel : la trésorerie est plus importante que jamais, surtout dans une PME. Il faut donc la soigner, signifier à certains clients que les échéances sont dues. «La vente de certaines promotions immobilières, intervenue au bon moment, nous a également permis de passer le cap», poursuit Samuel Reift.

Pour l’heure, la baisse de chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année reste limitée, à quelque 5%. Mais tout est très compliqué en 2020, que ce soit le décalage administratif des permis de construire ou les mesures de protection sanitaires mises en place sur les chantiers. «Nous avons dû déployer beaucoup d’énergie pour nous renseigner, établir les protocoles, etc., explique Jean-Noël Jeannerod. Ce n’est pas notre métier et pour l’anecdote, une fois, un chantier a failli être fermé car nous ne pouvions pas prouver que les toilettes mobiles étaient nettoyées deux fois par jour alors qu’un seul collaborateur occupait le site.»

Fibre écologique et délais plus courts

Aujourd’hui, lors de cette deuxième vague de Covid-19, les choses sont bien réglées, Gaille Construction, qui emploie 80 collaborateurs, est plutôt touchée au niveau de son personnel. Si la situation semble se stabiliser, la visibilité pour 2021 reste néanmoins assez faible, même si l’ossature bois reste un choix privilégié. «Notamment pour répondre à la fibre écologique de la population, pour les délais de construction plus courts et la meilleure qualité thermique du bâtiment», estime Samuel Reift.  

Pour ces jeunes associés, leur binôme constitue une force. «Diriger à deux, c’est confronter des idées pour en tirer le meilleur», soulignent-ils en chœur. Si le saut dans le grand bain a été quelque peu brutal, ils donnent un conseil à tous les jeunes qui souhaitent acquérir une PME : «Vous devez absolument faire appel à un prestataire externe pour faire évaluer l’entreprise. Celui-ci vous donnera non seulement un juste prix, mais également une vision externe extrêmement pertinente sur le fonctionnement de l’entreprise.» Quant au choix de travailler avec la BCN pour le financement, il s’est fait pour la confiance établie de longue date et la cohérence : «Nous nous battons pour travailler localement, alors, nous devons appliquer cette logique pour la banque.» 

Pénurie de personnel qualifié

Par sa maîtrise de la qualité, la PME de Fresens rayonne sur l’ensemble de la Suisse romande. Depuis plusieurs années, elle a réussi à développer son outil de travail pour intégrer les aspects numériques et optimiser les flux de production dans les ateliers. Si les deux dirigeants cultivent l’esprit familial et la qualité qui font de Gaille Construction une référence, ils n’oublient pas qu’il y aura également un après coronavirus : «Nous devons poursuivre notre diversification, avec les charpentes, les menuiseries, l’aménagement intérieur, etc. Nous devons également conserver un personnel polyvalent, car la voie de l’apprentissage n’est malheureusement plus assez valorisée et attractive pour les jeunes.»

 

 

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