La bcn Actualites et medias Actualités La Suisse échappe à la remontée mondiale des taux d’intérêts

La Suisse échappe à la remontée mondiale des taux d’intérêts

Economie

29.09.2026, par Vincent Schwery, Responsable Asset Management / CIO

Les rendements obligataires s’affolent et atteignent des niveaux inédits depuis plusieurs décennies. Cette remontée s’explique par plusieurs facteurs: une inflation alimentée par la hausse des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient, les besoins considérables de financement des investissements dans l’intelligence artificielle et les inquiétudes liées à l’endettement public élevé de nombreux Etats. 

La solidité suisse fait la différence 

La Suisse reste largement à l’écart de ce mouvement. Le rendement de la Confédération à dix ans se situe autour de 0,5%, soit environ 3% en-deçà de son équivalent allemand. Ce résultat est la combinaison d’une inflation contenue, d’une monnaie forte, d’une politique monétaire crédible et de finances publiques particulièrement solides. La rigueur budgétaire offre donc une forme de souveraineté économique qui permet de conserver des conditions monétaires favorables, de soutenir la consommation et d’offrir aux entreprises un avantage compétitif appréciable. 

Des taux appelés à remonter progressivement 

Cependant, le taux zéro ne devrait pas durer indéfiniment. Un relèvement de 0,25% en mars prochain constitue le scénario dominant, suivi par un deuxième tour de vis en juin. Mais une partie de ce mouvement est déjà intégrée dans les prix du marché. L’impact sur les taux à long terme et les taux hypothécaires devrait donc rester limité. 

Diversifier pour préserver le potentiel de rendement 

Pour les investisseurs suisses, le message est clair: même avec une légère remontée des taux, les rendements des liquidités et des obligations devraient rester faibles, voire négatifs en termes réels. Sur les dix dernières années, le Swiss Performance Index (SPI) a généré un rendement total de 120% alors que les dépôts en francs n’ont rapporté que 1,5% et les obligations suisses 2,9%, y compris les revenus d’intérêts. Les actions apparaissent ainsi inévitables, tout comme une bonne diversification qui permet de réduire les risques inhérents à la classe d’actifs. 

Cette contrainte de rendements modestes suppose une approche globale, intégrant allocation d’actifs, fiscalité et horizon de vie. Désormais, la capacité à structurer des solutions diversifiées et adaptées constitue un facteur clé pour répondre aux enjeux patrimoniaux de long terme.

Une version de cet article a été publiée dans ArcInfo.