La BCN Actualites et medias Actualités La hausse des taux a démarré

La hausse des taux a démarré

Finance

22.03.2022 , par Philippe Rollier, responsable Private Banking

C’est parti. La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé mercredi dernier de 0,25% son principal taux directeur. Elle a indiqué qu’elle prévoyait de relever les taux d’au moins 0,25% à chacune des six réunions restantes en 2022.

La déclaration du Comité accompagnant cette première hausse depuis 2018 indique que les pressions inflationnistes se sont étendues au-delà des déséquilibres de l’offre et de la demande résultant de la pandémie.  Dans la foulée de l’invasion russe de l’Ukraine, la Fed a déclaré que les implications pour l’économie américaine sont très incertaines, cependant elle note qu’un renchérissement des prix supplémentaire est probable, ce qui pourrait peser sur la croissance. Le comité a donc réduit ses perspectives de croissance aux Etats-Unis à 2,8%, contre 4% prévu en décembre.

En outre, le président de la Fed, Jerome Powell a annoncé que la banque centrale pourrait augmenter les taux plus rapidement si le comité le jugeait approprié, tout en reconnaissant que la guerre retardera probablement la normalisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, rendant l’inflation plus persistante. Par ailleurs, il a ajouté que le marché du travail fonctionne à plein régime, ce qui pourrait engendrer des hausses de salaire supplémentaires et, in fine, une inflation plus élevée. Cependant il a affirmé s’attendre à ce que les niveaux des prix se modèrent au second semestre et baissent plus fortement en 2023.

Le président a également précisé que le comité devrait avoir achevé lors de la prochaine réunion, en mai, le plan de réduction du bilan de la Fed. Ce dernier a atteint le niveau stratosphérique de neuf billions de dollars (pour rappel, un billion équivaut à mille milliard, soit 12 zéros après le 9 ici) à la suite d’achats massifs d’obligations sur les marchés réalisées ces dernières années afin de faire baisser le coût du crédit. 
Il a aussi ajouté que la méthode retenue pour réduire le bilan devrait être proche de celle suivie lors de la phase de réduction précédente (2017-2019), mais que sa mise en œuvre devrait être plus précoce et plus rapide.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

 Vers le haut