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La BCNActualités et médiasActualités«La capacité des deux parties à faire des efforts se révélera déterminante»
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«La capacité des deux parties à faire des efforts se révélera déterminante»

PME

22.05.2018 , par Marie-Laure Chapatte, conseillère économique

La transmission d’entreprise, c’est certes une histoire complexe, une aventure au long cours avec des cas particuliers, mais c’est d’abord une histoire de confiance, souligne Frédéric Bigler, responsable Clientèle Entreprises à la BCN. Entretien.

Des études alarmantes sont souvent citées concernant la transmission d’entreprise en Suisse. Est-ce également un enjeu clé pour les PME neuchâteloises?
Frédéric Bigler: Il n’y a pas de chiffres précis et le canton de Neuchâtel doit également empoigner ce problème. Nous avons toutefois la chance d’avoir un tissu de PME familiales dont la reprise peut être assumée par exemple par des cadres dans le cas d’un management buy-out. 

Chaque histoire est différente. Pourquoi est-ce si difficile de donner un mode d’emploi?
Le prix de vente, l’activité de la société, s’il y a une ou plusieurs personnes intéressées, le fait que le ou les repreneurs connaissent ou non l’entreprise, s’ils ont des moyens ou non, les modalités de paiement, la structure financière de l’entreprise, etc., les combinaisons sont infinies, rendant la problématique particulièrement complexe. 

Toutefois, au regard des nombreuses opérations que réalise la BCN chaque année, quel est le principal facteur de réussite?
La réponse peut paraître bateau, et pourtant, elle est si vraie : quand les deux parties ont vraiment envie, qu’elles sont raisonnables et se mettent autour d’une table pour discuter, on trouve toujours une solution. Et sur cette aventure au long cours – il faut compter entre six mois et une année pour réaliser une opération – c’est la capacité de chacun à faire des efforts qui se révélera déterminante.

D’éventuels repreneurs sont souvent confrontés au manque de fonds propres, quelles solutions s’offrent à eux?
Il faut qu’ils comprennent que la BCN, comme les autres banques d’ailleurs, doit veiller à un certain partage des risques, que ce soit avec l’acheteur, le vendeur, voire les deux. Ensuite, plusieurs instruments, tels le Cautionnement Romand ou la Fondation de cautionnement de la BCN, peuvent permettre, dans certains cas, de dépasser les normes usuelles en matière de crédit. Rappelons que faire crédit, au sens étymologique du mot, c’est faire confiance. Cette dernière est également cruciale dans toute relation.

Quel rôle particulier peut alors jouer une banque cantonale?
Nous avons la chance d’avoir cette fibre : nous voyons la reprise au-delà de l’opération purement financière. Notre mission consiste au soutien du tissu économique cantonal et en accompagnant la transmission d’entreprises, nous évitons notamment la perte de substance et de savoir-faire dans la région. Quand cela est possible, la reprise par un nouvel actionnariat local sera donc privilégiée.

Compte tenu de la reprise conjoncturelle et l’environnement de taux bas, est-ce le bon moment pour vendre sa société?
A mon sens, la vente ne devrait pas être dépendante des taux car une entreprise qui présente des résultats positifs doit être capable d’assumer d’autres conditions d’intérêt. Le marché est à nouveau porteur au niveau conjoncturel, mais surtout, le bon moment, pour un entrepreneur, c’est assez tôt, lorsque la mariée est belle. Il doit anticiper et parler ouvertement de la succession, notamment s’il entend impliquer ses cadres. A 70 ans, c’est trop tard!

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