La bataille invisible de la transition hybride
Le Salon de l'automobile de Paris s’est déroulé la semaine passée. Derrière les carrosseries rutilantes, une guerre commerciale se joue entre l'Europe et la Chine. La Suisse en subit également les répercussions.
Le marché automobile de l’Empire du Milieu ralentit. Les constructeurs comme BYD bradent leurs véhicules à l'export. Les importations chinoises d'hybrides rechargeables dans l'Union européenne (UE) ont bondi de 45% en un an, tandis que leurs prix ont chuté de 20%. En cause notamment, les surtaxes instaurées en 2024, qui ne concernent que les voitures entièrement électriques.
Le 9 octobre dernier, Bruxelles et Pékin ont annoncé un accord de principe visant à réduire de moitié les exportations chinoises de véhicules hybrides vers l’UE sur quatre ans. En complément, la Chine abaisserait ses droits de douane sur quatre milliards d'euros de produits européens, dont les pièces automobiles. En contrepartie, l’Europe ne taxerait pas davantage certains produits chinois.
La Suisse entre les lignes de front
Contrairement aux pays de l'UE, la Suisse ne bénéficie pas de ces protections tarifaires. Son marché reste grand ouvert aux importations chinoises à bas prix. Ses équipementiers automobiles, en revanche, pourraient indirectement tirer profit de la baisse des droits de douane sur les pièces européennes. En effet, des fabricants comme le groupe Feintool tireraient avantage d’échanges plus fluides entre les deux puissances économiques. Présente industriellement en Europe et fournisseur clé de l'automobile, l’entreprise bernoise profite non seulement de la compétitivité de ses exportations directes vers l'Empire du Milieu, mais aussi du retour de vitalité de ses clients européens qui exportent eux-mêmes vers ce vaste marché.
À Paris, les constructeurs ont montré leurs armes. Volkswagen a engrangé près de 150’000 commandes pour sa nouvelle famille de véhicules électriques urbains abordables. Stellantis, de son côté, cherche la nostalgie en relançant la mythique Citroën 2CV en version électrique à environ 15’000 euros, attendue en 2028. Le message est clair: l'Europe ne compte pas céder le terrain.
Une version de cet article a été publiée dans ArcInfo.