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Evolution des taux américains, mauvais présage?

Economie

18.12.2018 , par Yann Constantin, responsable Trésorerie & Négoce

Les rendements en dollars pour les durées de 2 et 10 ans se sont étroitement rapprochés ces derniers mois. L’écart de taux d’intérêt ne représente aujourd’hui plus que quelques points de base contre près de 1% début 2017.

Historiquement et selon certains analystes, cette situation peut être un signal avant-coureur de récession. Lors des trente dernières années, un écart si faible n’a été constaté qu’à trois reprises. Ce resserrement des taux avait en effet précédé la chute brutale du marché des actions japonaises en 1989, l’éclatement de la bulle internet en 2001 et, plus récemment, la crise financière de 2007-2009, aussi appelée des «subprimes».

Que s’est-il passé pour que les taux se rapprochent tant? Tout d’abord, les taux à long terme ont profité de la reprise économique américaine, de la robustesse du marché de l’emploi et de perspectives d’inflation plus élevées. Les taux à 10 ans sont ainsi passés de 1,2% en juillet 2016 à près de 3% aujourd’hui. Les taux à 2 ans ont de leur côté connu une hausse bien plus rapide, passant de 0,8% à près de 3% durant la même période. Si l’augmentation des taux longs est le fruit des attentes du marché, les taux courts ont été influencés par les hausses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) afin de contenir l’inflation. Pour de multiples raisons, les investisseurs n’ont pas répercuté ces hausses sur leurs anticipations à long terme.

Menace sur le cycle de croissance

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, les incertitudes liées au Brexit et le ralentissement économique en Europe font craindre que le cycle de croissance américain ne puisse perdurer. Ces dernières semaines, le dépassement du budget italien, la crise des « gilets jaunes » et les conséquences sur les finances françaises ainsi que l’augmentation du salaire minimum en Espagne ont également contribué à faire reculer les taux à long terme.

La Fed se réunit demain soir et une hausse de 0,25% est escomptée par les analystes. Dans le contexte actuel d’aplatissement de la courbe, un message sur d’éventuelles futures hausses en 2019 sera important.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

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