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Crise du gaz: menace réelle pour cet hiver ?

Economie

23.08.2022 , par Nicolas Schwaar, conseiller Private Banking

Le conflit en Ukraine se prolongeant, assurer l’approvisionnement en gaz pour cet hiver devient un véritable casse-tête. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et à l’exception de l’embargo pétrolier en 1973, la Suisse n’a jamais eu à se préoccuper d’un éventuel manque d’apport énergétique.

Les sanctions de la communauté internationale à l’encontre de la Russie ont fait bondir les prix de l’énergie, et du gaz en particulier. Suite à l’’arrêt de maintenance du gazoduc de Nord Stream 1, le régime de Vladimir Poutine a décidé de diviser par deux la livraison du gaz à l’Europe, le flux passant d’un volume déjà bas de 40% à 20% en riposte aux sanctions économiques infligées.  

Réservation de capacités

En Suisse, le gaz couvre grosso modo 15% de la consommation totale d’énergie. Il est exploité dans la production industrielle et les ménages privés pour le chauffage et la cuisine. Cependant, notre pays ne dispose pas de capacité propre de stockage et dépend par conséquent des importations. Le Conseil fédéral et les acteurs de l’énergie se sont retroussés les manches afin de rattraper le retard en réservant notamment des capacités de stockage à l’étranger et en prenant quelques options pour des livraisons additionnelles de gaz provenant d’autres pays. Des surcoûts seront inévitables.

Plan en 4 étapes

Face à cette insécurité d’approvisionnement, la Confédération a établi un plan de mesures en quatre étapes, qui commence par des appels aux économies et s’étend jusqu’au contingentement. Heureusement, l’impact au niveau de l’approvisionnement de l’électricité devrait être moindre grâce à une production indigène, aussi bien nucléaire qu’hydraulique. Cependant, durant la période froide, la Suisse a toujours eu recours à du courant importé pour compléter son approvisionnement et comme les barrages ont un taux de remplissage relativement faible en raison de la sécheresse, les importations de courant pourraient être plus élevées qu’à l’accoutumée.

Reste à espérer que les accords de solidarité passés récemment avec nos voisins seront suffisants si la Russie décidait de couper complètement le robinet du gaz.  

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

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