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Pour combien de francs quitteriez-vous Facebook durant un mois?

Economie

20.04.2021, par Marie-Laure Chapatte, responsable Communication & Pôle économique

Alors que nous passons de plus en plus de temps en ligne, sur diverses plateformes, la prise en compte des biens et services numériques dans le calcul du produit intérieur brut pose questions. 

Seriez-vous prêt à renoncer à Google ou à Facebook gratuitement? Sinon, combien faudrait-il vous payer pour que vous vous en passiez pendant un mois? En Europe, les participants à une étude demanderaient près de 100 francs pour ne pas se connecter à ce réseau social. Pour des chercheurs de la Sloan School of Management du MIT, cette approche montre comment l’indicateur du produit intérieur brut (PIB) sous-estime l’importance des activités numériques, gratuites dans cet exemple.   

Boussole de référence

Introduit dans les années 30, le PIB mesure la valeur monétaire des biens et services consommés dans un pays sur une période donnée. Quasi synonyme de performance économique, cette comptabilité reste aujourd’hui la boussole de référence pour définir les politiques publiques. 

«La croissance du PIB suisse devrait atteindre 3,3% cette année», titraient peu ou prou les journaux suite aux dernières prévisions de l’institut KOF. Cet indicateur médiatisé a des failles, largement connues et reconnues, comme l’exclusion du travail non rémunéré ou l’absence de prise en compte des impacts environnementaux. Mais aussi imparfait soit-il, il reste un gouvernail de choix. Car pour décider, il faut pouvoir mesurer. Le calcul du PIB est quelque peu dichotomique. D’un côté, il y les Etats et les entreprises qui constituent la partie productive de notre société et de l’autre, les foyers, déclarés «non productifs». 

Prêts à dépenser plus que le prix?

Aujourd’hui, le souffle numérique balaie les frontières entre le travail et le loisir, le payant et le gratuit. Le «surplus du consommateur» représente la part d’utilité d’un service qui est supérieure au prix payé sur le marché. Concrètement, les accrocs à Netflix ou Spotify seraient sûrement prêts à dépenser davantage pour maintenir leurs accès.  

La valeur créée par ces biens et services est donc mal prise en compte dans le calcul du PIB, et la manière dont ils contribuent au bien-être de la population est probablement sous-estimée. A l’heure où la vague numérique envahit nos vies, il est temps de se demander quels tableaux de bords complémentaires s’imposeront pour rendre compte d’une activité économique de plus en plus immatérielle. 

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

 

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