La BCN Actualites et medias Actualités «Le 3e pilier est devenu un socle indispensable à la prévoyance»

«Le 3e pilier est devenu un socle indispensable à la prévoyance»

Finance

05.12.2022 , par Marie-Laure Chapatte, responsable Communication & Pôle économique

Nadine a été mariée pendant 18 ans, elle a réduit son temps de travail à 60% pour élever ses deux enfants pendant 12 ans. Thibault a travaillé depuis son apprentissage de serrurier mais a connu le chômage pendant 13 mois. A la tête d’une famille recomposée, Thierry et Pauline sont indépendants et tiennent un commerce de village.

Certains rêvent de prendre une retraite anticipée, alors que la retraite horripile les afficionados du travail. Dans son travail quotidien, Alain Humbert-Droz, à la tête du Centre de conseils BCN de La Tène, rencontre ces profils variés, comme ceux décrits ci-dessus. Pour lui, chaque parcours de vie est si différent qu’en matière de prévoyance, il est impossible de donner une seule clé. Comme il le fait depuis 25 ans au sein de la banque cantonale, il conseille de s’intéresser à ces questions le plus vite possible. 

Quelle est la question que l’on vous pose le plus souvent, celle qui revient tout le temps ?

BCN vignetteAlain Humbert-Droz: De plus en plus de jeunes se soucient de savoir s’ils pourront compter sur l’AVS et la LPP pour s’assurer une retraite suffisante. Les personnes plus âgées se demandent plutôt de savoir si leur prévoyance actuelle leur permet d’envisager une retraite anticipée.

Dans ce deuxième cas, que pouvez-vous leur proposer ?

Via notre planification financière, nous pouvons leur calculer la rente AVS, ce qu’ils vont toucher du 2e pilier et leur dresser un bilan de leur situation afin de préserver leur confort de vie à la retraite. Mais c’est vrai qu’il faut dans l’idéal agir le plus tôt possible, c’est pourquoi nous martelons aux plus jeunes les avantages liés au 3e pilier bancaire, notamment le gain fiscal qui en découle et les rendements dynamiques que nos fonds de placements offrent. 

Cet outil prend tout son sens dès qu’une personne commence à payer des impôts ?

Effectivement. Outre le fait que ce compte 3e pilier offre un taux d’intérêt supérieur à celui d’un compte épargne, il permet, en moyenne, de réaliser des économies d’impôts de quelque 33% sur le montant versé et ce, dès l’année suivante, pour une imposition entre 5 et 9% lors du retrait. Cela laisse un gain fiscal important au fil des ans. Rappelons que le versement annuel maximum passera de 6'883 francs en 2022 à 7'056 francs en 2023 pour les personnes affiliées à la LPP et à 35'280 francs pour les indépendants. 

Oui, mais cette épargne est bloquée. Parfois pour des dizaines d’années. Pas toujours évident de se projeter aussi loin dans un monde qui accélère?

Vous avez raison, c’est pourquoi le 3e pilier, qui peut être retiré comme fonds propres pour une acquisition immobilière à propre usage, cinq ans avant l’âge de la retraite, pour devenir indépendant ou s’établir à l’étranger, ne doit concerner qu’une partie de la capacité d’épargne. Une grande partie doit rester disponible pour des projets à plus court terme. Il faut donc trouver le bon équilibre.

Le troisième pilier peut être conclu au travers d’une police d’assurance ou d’un compte bancaire. Quelle solution dans quel cas?

Le compte 3e pilier bancaire bénéficie d’une grande souplesse, au niveau des versements et lors du retrait. Le client peut ajouter si besoin en option via un partenaire de la BCN des solutions d’assurances risque décès ou invalidité liées directement à son compte 3e pilier, ce qui permet de dissocier l’épargne du risque, contrairement à l’assurance-vie. Celle-ci combine en principe des prestations d’épargne et de risque dans un même contrat avec une échéance prévue à l’aube de la retraite à condition que la prime soit versée chaque année.

Et pour terminer, la question à un million : faut-il, le moment venu, prendre la rente ou retirer le capital vieillesse d’un coup?

Cette question revient régulièrement, mais je ne peux pas y répondre de manière générale, trop de paramètres entrant en compte. Statistiquement, on sait que 54% des assurés prennent tout ou partie de leurs avoirs LPP en capital. Tous les modèles sont possibles, mais pour pouvoir conseiller au mieux notre client, nous devons faire une analyse personnalisée de sa situation.