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La force de Neuchâtel réside-t-elle dans son ouverture?

Economie

01.11.2022 , par Marie-Laure Chapatte, responsable Communication & Pôle économique

Alors que la croissance neuchâteloise devrait atteindre 2,6% en 2022 selon les dernières prévisions de l’Institut CREA, les nuages conjoncturels commencent à s’accumuler. 

Les branches tournées vers la clientèle étrangère, et donc sensibles à la conjoncture mondiale, constituent des locomotives de croissance. En effet, ces secteurs ouverts sur le monde ont contribué pour près de 60% à la hausse du produit intérieur brut (PIB) romand entre 2001 et 2021, comme le montre la 15e étude sur le PIB romand publiée par les six banques cantonales romandes en collaboration avec l’Institut CREA.

Le canton romand le plus…

Et si cette catégorie de l’économie représente un peu plus de la moitié du PIB romand (53,7% en 2021), son poids est plus élevé à Neuchâtel avec près de 64% l’an dernier. D’ailleurs, le canton de Neuchâtel est plus «ouvert sur le monde» que tous les autres cantons romands. Alors que l’horlogerie constitue une locomotive de croissance, la part de la chimie/pharma dans le produit intérieur brut cantonal a également progressé en dix ans (entre 2011 et 2021) pour passer de 8 à 11,6%.

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Corollaire de cette ouverture, une plus grande sensibilité aux aléas conjoncturels. Et en la matière, les nuages s’accumulent avec notamment la guerre en Ukraine, les sanctions contre la Russie, la flambée des prix, les risques de graves pénuries et l’inflation. Ainsi, si l’embellie de 2021 a bénéficié à la quasi-totalité des branches, le bilan 2022 sera plus nuancé. Selon le CREA, la hausse du PIB neuchâtelois devrait s’élever à 2,6%, juste au-dessus de la moyenne romande (+2,5%) et pour 2023, les salaires devraient progresser de quelque 2,7% selon l’enquête conjoncturelle d’automne de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI).

 Etude CNCI "Conjoncture et approvisionnement énergétique"

Entreprises plus pessimistes pour 2023

Quant aux perspectives, elles s’assombrissent. Le CREA table sur une croissance économique de moins de 1% pour le canton l’an prochain. Et si pour les six prochains mois, l’optimisme prévaut encore au sein des entreprises interrogées par la CNCI avec 40% qui estiment que la marche des affaires sera «bonne à excellente», au-delà de six mois, cette proportion tombe à un quart seulement. Un quart des patrons sondés se déclarent même pessimistes par rapport à leurs affaires.

Consultez l'étude du  PIB Romand 2022