La BCN Actualites et medias Actualités Ces cinq tendances qui animeront les marchés financiers cette fin d'année

Ces cinq tendances qui animeront les marchés financiers cette fin d'année

Finance

25.08.2021 , par Victor Vogt, responsable de l’Asset Management

Alors que les marchés tutoient leurs records, les indices peuvent-ils encore grimper? Et si oui, avec quels relais de croissance ? Voici en cinq points les éléments-clés qui devraient orienter les marchés ces prochains mois.

L’optimisme reste de mise

1. Indicateurs au vert

L’expansion de l’activité économique se poursuit à un rythme élevé. Les indicateurs avancés, comme celui des directeur d’achats de l’industrie manufacturière (PMI manufacturier dans le jargon), révèlent des économies développées en plein boom. Si l’expansion est marquée aux Etats-Unis et en Europe, elle l’est encore plus en Suisse avec un PMI au-delà de 70 points, alors que ligne de croissance est établie à 50 points.

La progression trimestrielle des produits intérieurs bruts des pays du G20 confirme ce rebond. Si la croissance devrait perdre quelque peu de sa vigueur sur les prochains trimestres, elle reste clairement au-dessus de la moyenne des 10 dernières années. Au niveau mondial, la croissance du PIB devrait être la plus importante depuis plus de quarante ans. Fait intéressant, l’écart de croissance entre pays développés et émergents se réduit, les campagnes de vaccination ayant davantage profité aux premiers.

2. Changement de paradigme

Aucun doute, avec la pandémie de Covid-19, le paradigme qui animait les gouvernements a changé. Le régime d’austérité a été rangé dans un tiroir au profit d’un régime de stimulus fiscal important, avec l’objectif de maintenir un outil de production intact pendant la crise. Conséquence : l’endettement des pays s’envole. On se rapproche fortement d’un niveau de dettes de 140% du PIB, soit 3,5 fois plus qu’en 1970 tout en maintenant un coût de la dette au même niveau grâce aux baisses de taux. De plus, les stimuli devraient se poursuivre, le Sénat américain ayant récemment voté un nouveau plan d’investissement dans l’infrastructure.

3. Inflation temporaire

Le taux d’inflation américain a fait un pic à 5,4% en juillet. Cette hausse est-elle inquiétante? Pas vraiment, car l’excès d’inflation semble passager. En effet, ce renchérissement est principalement dû à un manque de main d’œuvre et aux goulets d’étranglement apparus dans les chaines d’approvisionnement. En d’autres termes, l’arrêt a été brutal et le redémarrage prend un peu plus de temps. Certaines matières premières, à l’image du bois, voient déjà leur cours reculer.

Quant aux banques centrales, dont une des missions de base consiste à assurer une certaine stabilité des prix, l’approche a également évolué. La Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont par exemple affiné leur politique afin de laisser l’inflation s’élever au-delà de leur cible habituelle, de 2%, pour ne pas retirer leur soutien à la croissance trop tôt. Pour rappel, plein emploi figure également parmi les objectifs des banques centrales et celui-ci n’étant pas encore atteint, le soutien monétaire devrait perdurer.

4. Valorisations élevées

Quand les bénéfices des entreprises sont au plus haut, comme c’est le cas présentement, il est normal que les indices boursiers tutoient également leurs records. Certes, la valorisation des actions est particulièrement élevée, avec un ratio cours / bénéfice (PER) autour de 21 aux Etats-Unis, mais ceci est à remettre dans le contexte actuel. En effet, par leurs mesures, les banques centrales maintiennent les taux d’intérêts à des niveaux très bas, voire négatifs. Dès lors, si l’on compare les taux d’intérêts avec les rendements sur dividendes des actions, on constate que l’attractivité des actions reste intacte.

5. Risques à surveiller

Quels événements pourraient venir perturber les marchés ? Ils sont nombreux et peuvent survenir rapidement. Comme une dégradation de la situation sanitaire en raison d’un nouveau variant, notamment si ce dernier est résistant aux vaccins.

Les marchés scruteront également la mise en œuvre des plans d’investissements publics. En effet, après les effets d’annonce, la mise en pratique peut s’avérer plus houleuse, surtout au moment d’approuver les dépenses dans les budgets.

L’inflation est également un élément important, si, à l’inverse de nos projections, elle venait à être durable, les banques centrales seraient contraintes d’agir plus rapidement déstabilisant ainsi l’équilibre actuel.

D’autre risques, géopolitiques, ne peuvent être exclus. Il suffit de voir les récentes annonces du gouvernement chinois ou l’arrivée extrêmement rapide des talibans au pouvoir en Afghanistan pour comprendre que les équilibres géopolitiques peuvent se modifier rapidement.

En synthèse

Retenons de ces perspectives que le potentiel principal réside toujours dans les actions, notamment dans les marchés développés. Quant aux placements immobiliers, qui offrent un rendement attractif mais des valorisations élevées, et à l’or, garant d’une bonne protection en général, ils font également partie des portefeuilles (positionnement neutre). En revanche, les niveaux des taux d’intérêts n’invitent pas à prendre des positions importantes en obligations (sous-pondéré).

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