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Recul des dettes à taux négatifs

Economie

15.06.2021, par Yann Constantin, responsable Trésorerie & Négoce

Les émissions d’emprunts gouvernementaux se sont accélérées depuis la crise financière de 2008 et ont atteint des sommets avec la crise sanitaire en 2020. Les taux d’intérêts, déjà proches de zéro pourcent, ont plongé en territoire négatif en 2015, notamment en Suisse, en Europe et au Japon.

L’émission d’une dette à taux négatifs indique une opération contre nature puisqu’un emprunteur est payé pour emprunter et qu’un prêteur doit payer pour placer son argent. Cette situation a complètement changé l’approche des investisseurs, les encourageant à investir plutôt qu’à épargner.  Ces derniers sont passés d’une situation où ils plaçaient « pour gagner un peu » à « placer pour perdre moins ». Cela explique en partie la forte valorisation actuelle des marchés boursiers et de l’immobilier. Le montant massif de dettes émises à taux négatifs a atteint un record de plus de 18'000 milliards en décembre 2020, soit presque 30% de la dette mondiale. Sur ce total, les dettes émises en euro, en franc suisse et dans les monnaies nordiques représentaient près de 60%.

Avec le redémarrage économique et la progression de la vaccination, les taux d’intérêts ont eu tendance à remonter légèrement, réduisant ainsi cette somme à 13'000 milliards. Ce recul est aussi le reflet d’une révision à la hausse des perspectives d’inflation. Aux Etats-Unis, l’indice des prix à la consommation a par exemple progressé de 3,1% en avril après avoir gagné 1,9% en mars. Même si les taux d’intérêts resteront bas encore un certain temps, les banques centrales devront conjuguer le soutien à l’économie avec une augmentation potentielle du coût de la dette. Comme l’a démontré la situation au Japon, il est très difficile pour une banque centrale de sortir d’une politique monétaire ultra-accommodante malgré un haut niveau d’endettement. La seule solution sera probablement d’appliquer une politique inflationniste maitrisée, mais cette tâche s’annonce d’ores-et-déjà périlleuse. Nos yeux restent donc rivés sur les futures décisions que prendront les banques centrales pour éviter que l’économie ne surchauffe.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

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