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Mutation génétique pour le secteur pharmaceutique

Finance

01.02.2018 , par Stéphane Crevoisier, responsable Private Banking Montagnes et Vallées

Alors que cette industrie helvétique continue de briller, notamment à l’exportation, elle doit également faire face à de nouveaux défis.

L’industrie pharmaceutique représente l’un des domaines les plus rentables de l’économie suisse. Grâce à son niveau élevé de productivité, elle constitue l'un des moteurs essentiels de la croissance. Les chiffres du commerce extérieur publiés fin janvier confirment la dépendance de la Suisse à cette industrie. Ainsi, le volume des exportations de l’industrie pharmaceutique a progressé de plus de 4% en 2017 pour atteindre 83,8 milliards de francs, selon l’Administration fédérale des douanes.  Plusieurs facteurs expliquent l’essor de cette valeur sûre de l’économie helvétique: la forte croissance des pays émergents, le vieillissement de la population ainsi que l’augmentation des cas de maladies chroniques.

Accélération des coûts de recherche

Pourtant, cette industrie, moins influencée par les aléas conjoncturels que d’autres, fait face aujourd’hui à des enjeux de taille. En effet, les brevets arrivés à maturité, le durcissement réglementaire et la progression constante des coûts en recherche et développement (R&D) représentent de réels défis pour la branche.

Selon une récente publication du cabinet de conseil américain Deloitte, le coût moyen du lancement d’un médicament s’élevait environ à 2 milliards de dollars en 2017, soit une progression de 30% sur un an. Cette accélération des coûts est essentiellement due à la chute du nombre de médicaments en phase finale de R&D l’année dernière. Effectivement, les grands groupes pharmaceutiques concentrent prioritairement leurs efforts de recherche sur les maladies rares ou chroniques, seules à même de générer des produits à très haute valeur ajoutée. Dans ce sens, la recherche contre le cancer offre un potentiel de rendement élevé; très logiquement, les géants bâlois Roche et Novartis se classent parmi les entreprises les plus actives dans le domaine de l’oncologie au niveau mondial.

Ainsi, l’écart se creuse entre la somme des capitaux nécessaires à la recherche et le nombre de médicaments finalement agréés. Pour freiner ce mouvement, le progrès technologique apparaît comme une voie de développement salutaire. L’intelligence artificielle, les données empiriques (real-world evidence) ou la robotique représentent autant de parades pour l’industrie pharmaceutique, inéluctables pour maintenir son dynamisme à long terme.

Novartis et pourquoi pas Siegried?

Au niveau des titres suisses, pour l’année 2018, Novartis (recommandée à l’achat) devrait mieux performer que Roche (positionnement neutre). Cette dernière devra faire face à une érosion de ses ventes et investir des montants conséquents pour développer de nouveaux moteurs de croissance. La dynamique semble meilleure du côté de Novartis, qui verra l’arrivée de son nouveau directeur général, Vasant Narasimhan. L'entreprise devrait surtout étoffer son pipeline de médicaments à succès et s’avère fortement implantée dans les marchés émergents, ce qui consitue un bel atout.

L’an dernier, la bonne surprise est venue de la petite société argovienne Siegfried, qui a enregistré une performance boursière de 47%. En raison d’un réseau de production équilibré, de nouveaux sites de production en Suisse et d’un bilan solide, ce petit poucet de la pharma pourrait une nouvelle fois ravir les investisseurs. Seul bémol : le dividende, de moins de 1% par année.

Une version synthétique de cet article est parue dans Arcinfo.

 

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