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L’or, toujours une valeur refuge ?

Finance

11.09.2018 , par Yann Constantin, responsable Trésorerie & Négoce

Le cours de l’or contre le franc a reculé d’environ 12% depuis le mois de mai, dans un contexte qui aurait normalement dû le soutenir. Ainsi, le kilo d’or s’échange aujourd’hui à 37500 francs, contre 42500 juste avant l’été. Cette situation est-elle appelée à perdurer et remet-elle en question le statut de valeur refuge de l’or ?

Le récent manque d’intérêt pour le métal jaune provient d’une accumulation de différents facteurs, mais aussi d’une hausse marquée du franc, l’autre valeur refuge par excellence. Parmi les éléments qui expliquent le désintérêt des investisseurs pour l’or, la bonne tenue des marchés boursiers, la hausse des rendements en dollars, la forte croissance aux Etats-Unis et une confiance des consommateurs élevée sont le plus souvent mis en avant.

Hausses de taux en vue

Il est vrai que la Réserve fédérale américaine (Fed) a déjà relevé deux fois ses taux cette année, que deux hausses supplémentaires sont encore escomptées en 2018 et trois autres en 2019. La croissance est aussi au rendez-vous puisque le PIB américain pour le 2e trimestre a progressé de 4,2% et que celui de la Suisse n’en est pas très loin avec +3,4%, De plus, selon le marché de Chicago, les positions baissières n’ont jamais été aussi importantes, dépassant les positions haussières pour la première fois en 14 ans.

Tous ces facteurs positifs ayant logiquement orienté les investisseurs sur d’autres marchés ne doivent cependant pas faire oublier que de très nombreuses incertitudes pourraient aussi impacter les prix inversement. En effet, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et leurs partenaires comme la Chine et la zone euro restent vives. Les discussions menées par les Etats-Unis et le Canada au sujet d’un nouveau traité de libre-échange s’avèrent également difficiles, même si Washington a déjà conclu un accord similaire avec le Mexique.

Economie au bord de la faillite

Depuis quelques semaines, les marchés émergents vacillent avec des tensions au Venezuela, en Argentine et en Turquie. La lire turque a dévissé en raison des nouveaux tarifs américains imposés à Ankara sur l’acier et l’aluminium. Le peso argentin a lui perdu près de 20% récemment et plus de la moitié de sa valeur contre le dollar depuis le début de l’année. Cette baisse du peso a poussé la banque centrale à remonter ses taux d’intérêt à 60% avec toutes les conséquences négatives que cela implique pour une économie déjà au bord de la faillite. Sans oublier non plus le Brexit et les ennuis judiciaires du président Trump: son ex-chef de campagne a été condamné pour fraude bancaire et fiscale et son ex-avocat vient de plaider coupable de fraude fiscale, escroquerie bancaire et violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

Il semble dès lors probable que le statut de valeur refuge de l’or redeviendra d’actualité à un moment donné. En effet, le fort positionnement à la baisse des investisseurs, une potentielle reprise de la demande physique, les achats des banques centrales (130 tonnes cette année pour la Russie) ou encore la perspective d’un recul de la production mondiale ces prochaines années pourraient redonner des couleurs jaunes vives à l’or et faire oublier la récente correction.

 

 

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