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Les «bonds vigilantes» sont-ils à l’œuvre?

Finance

20.02.2018 , par Yann Constantin, responsable Trésorerie & Négoce

La récente hausse des rendements en dollar a fait bondir la volatilité sur les marchés et pesé sur les indices boursiers. L’une des explications apportée par les analystes fait état d’un retour des « bonds vigilantes ». S’il est difficile d’adhérer sans restriction à cette théorie, l’idée soulève des questions bien réelles au sujet de l’économie américaine.

Ces « vigiles du marché des obligations » sont des groupes d’investisseurs qui protestent contre les politiques monétaires ou fiscales qu’ils considèrent comme inflationnistes. Ils agissent en vendant des obligations et influencent ainsi les taux d’intérêts à la hausse. En d’autres termes, ils essaient de renforcer la discipline budgétaire des états en rendant leurs emprunts plus onéreux. Prenons l’exemple des Bons du Trésor américains, couramment utilisés pour financer l’Etat. Si le taux d’intérêts de ces obligations augmente, le coût de la dette s’élève. Pour rappel, entre octobre 1993 et novembre 1994, la forte hausse des rendements de 5 à 8% avait incité Bill Clinton à revoir les dépenses de son gouvernement. 

Plan de rénovation des infrastructures

Ce n’est pas un hasard si cette théorie refait aujourd’hui surface après des années de taux bas, une inflation en hausse et l’annonce  de nouvelles dépenses gouvernementales. En effet, après l’octroi de considérables baisses d’impôts, Donald Trump a présenté la semaine dernière un plan de rénovation des infrastructures américaines vieillissantes. Ce plan devrait générer un volume de 1500 à 1700 milliards dollars d’investissements sur 10 ans, dont 200 milliards de la part de l’Etat fédéral.

Certains investisseurs, concernés par l’impact que ces décisions pourraient avoir, n’ont pas hésité à sortir des Bons du Trésor. Il est vrai que la dette américaine s’élève déjà à quelques 20000 milliards et que le risque de pertes en cas de hausse des taux ou de défaut de paiement appelle à la prudence. Le déficit commercial des Etats-Unis s’est creusé de 12,1% à 566 milliards en 2017 sous l’effet d’un renchérissement des prix du pétrole, ce qui ne devrait pas aider Washington à réduire son endettement.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.
 
 

 

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