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L’endettement des ménages américains à son apogée

Finance

20.12.2017 , par Michelle Monnier, conseillère Private banking

La dette des ménages atteint près de 13'000 milliards de dollars. Si la dette immobilière est restée stable ces dernières années, en revanche, les crédits automobiles interpellent davantage.

Près de 13'000 milliards de dollars! Le montant de la dette des ménages américains tous prêts confondus (immobilier, études, cartes de crédits, autos) dépasse le niveau atteint avant 2008. Ainsi, les mauvais souvenirs de la crise des subprimes rejaillissent dans les esprits.

Pour rappel, il y a un peu plus de dix ans, la hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed) et l’effondrement du marché immobilier américain amenaient de nombreux ménages à faire défaut sur leur créance. Il s’ensuivit l’une des plus grandes crises de l’histoire, dont les conséquences se font encore ressentir aujourd’hui. Cette fois-ci, la préoccupation diffère. Si les créances hypothécaires n’alarment pas les économistes, ce sont les crédits automobiles qui attirent l’attention.

Selon le dernier rapport de la Fed, l’endettement total des ménages s’est monté à 12’960 milliards de dollars à fin septembre, soit 2,2% au-dessus des niveaux de 2008. Après avoir atteint son plus bas niveau au 2e trimestre 2013, l’endettement global s’est fortement accru, progressant de 16% entre 2013 et 2017.

La dette immobilière, qui représente l’essentiel des encours des ménages, est restée stable ces dernières années grâce à la mise en place de règlements plus stricts par les banques. De plus, le taux de défaillance dans ce domaine n’est que de 1,4%, alors qu’il se trouvait à 8,9% en 2010.

Hausse des défauts de paiements

Les crédits pour les voitures interpellent davantage. Ils ont augmenté de 70% depuis 2010 à 1’210 milliards de dollars, soutenus par un marché automobile en pleine effervescence. Ici, les crédits accordés aux débiteurs dont la solvabilité est fragile (subprimes) inquiètent particulièrement. La Fed estime à 282 milliards de dollars le montant total de ces prêts, en hausse de 59% par rapport à 2010. De plus, le taux de défauts augmente constamment depuis 2014, passant de 3,1% à 4%, mais reste  toutefois en deçà de son pic de 2010 (5,3%). 

En représentant moins de 10% de l’endettement global des ménages, ce segment «automobile» de la dette ne semble pas menacer la stabilité du système financier actuel. A titre de comparaison, le marché de la dette hypothécaire au moment de la crise immobilière de 2008 présentait des risques bien plus élevés avec 1'300 milliards de dollars de créances subprimes.

A ce jour, près de 23 millions d’Américains sont en possession de crédits autos subprimes. Si tous les risques ne peuvent être écartés, les ménages ont bénéficié ces dernières années d’une augmentation nette de leurs salaires qui, combinée aux taux bas, leur permet de répondre à leurs obligations. Pour le moment du moins.

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