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La BCNActualités et médiasActualitésLe fragile équilibre du prix du pétrole
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Le fragile équilibre du prix du pétrole

Economie

29.01.2019 , par Yann Constantin, responsable Trésorerie & Négoce

L’histoire montre qu’il a toujours été difficile de prévoir l’évolution du prix du pétrole. En effet, beaucoup de critères politiques, économiques et géologiques peuvent influencer, de manière soudaine, le cours de l’or noir. Tous ces éléments, les cycles économiques et parfois aussi des catastrophes naturelles peuvent affecter l’offre et la demande.

Sur le long terme, une certaine corrélation peut cependant être constatée entre le cours du pétrole et le cycle économique mondial. Lors des phases de croissance, le prix du brut est souvent élevé, résultat d’une demande importante et d’une activité économique soutenue. En revanche, le prix a tendance à fléchir lorsqu’une crise survient et que les perspectives s’assombrissent. Il n’est donc pas étonnant de constater que le baril traitait à 140 dollars à son apogée en 2007 avant de plonger vers 40 dollars lors de l’éclatement de la crise des subprimes. L’assouplissement monétaire des banques centrales et la reprise économique aux Etats-Unis depuis 2016 ont ensuite permis une stabilisation des prix entre 40 et 75 dollars.  

Prévisions incertaines

L’équilibre entre l’offre et la demande reste cependant fragile et les prévisions demeurent hasardeuses. Du côté de l’offre, le recul des prix incite les pays producteurs à doser la quantité de brut mise sur le marché pour ne pas faire chuter les cours et leur permettre de couvrir les coûts de production. Au mois de décembre, les pays membres et non-membres de l’OPEP ont d’ailleurs décidé de réduire leur production de 1,2 million de barils par jour. Cette mesure vise à compenser l’augmentation massive de la production américaine de pétrole de schiste. Washington souhaite aussi rendre les régions du Texas et du Nouveau-Mexique plus accessibles avec la construction de nouveaux pipelines afin de rendre les Américains moins dépendants des marchés mondiaux.

De l’autre côté, la demande reste incertaine. La croissance mondiale pour 2019 a été revue à la baisse par le FMI à 3,5% et le PIB chinois pour 2018 a été confirmé à 6,6%, un plus bas depuis 1990. Pékin engloutit à elle seule près de 30% de la production mondiale et un ralentissement économique, même modeste, pourrait avoir des conséquences importantes sur ses besoins pétroliers. Les tensions sino-américaines et le Brexit contribuent aussi à ces incertitudes au sujet de la demande. Les sanctions américaines à l’encontre de l’Iran compliquent aussi les prévisions. L’accès au marché pour Téhéran a réduit l’offre à court terme mais l’Iran ne stoppe pas pour autant sa production. Elle construit d’ailleurs d’énormes zones de stockage qui lui permettront d’alimenter les marchés lorsque les sanctions seront levées.

D’après les analystes, les pays de l’OPEP semblent prêts à ajuster leur production et à tenir compte de l’ensemble des paramètres mentionnés ci-dessus afin de stabiliser le prix du baril, qui se traite actuellement à 53 dollars, aux alentours de 60 dollars.

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

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