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La productivité, cœur des enjeux pétroliers

Finance

29.05.2018 , par Stéphanie Guillod, conseillère Private Banking

Une hausse puis une récente baisse, le prix de l'or noir joue avec les nerfs des investisseurs. En parallèle, le secteur pétrolier délivre une excellente performance comptabe, notamment grâce à une meilleure maîtrise des coûts.  

Les actionnaires des grandes compagnies pétrolières se réjouissent de l’envolée des cours du Brent. Après avoir atteint 80 dollars le baril, ce dernier est toutefois sous pression depuis quelques jours. Une récente baisse qui n’éclipse pas cette réalité: le secteur est sur le point de délivrer sa meilleure performance comptable depuis 10 ans.
Les producteurs de pétroles intégrés, qui maitrisent le processus de production de l’extraction à la distribution, génèrent aujourd’hui une rentabilité supérieure à celle obtenue naguère avec un baril à 100 dollars. La politique d’investissement rigoureuse et la maîtrise des coûts mise en place lors des années de disette portent leurs fruits.

Chute des dépenses d'exploration

Depuis 2014, les dépenses d’exploration-production ont été réduites de moitié. Selon le cabinet Wood Mackenzie, avec 2,7 milliards de dollars en 2017, le capital moyen investi par projet majeur s’affiche au plus bas sur les dix dernières années. Les projets d’extraction ayant obtenu un feu vert sont par conséquent sensiblement plus modestes et moins risqués qu’auparavant. Seul ExxonMobil évolue à contre-courant: en deux ans, le groupe américain a vu ses investissements croître de 25% tout en s’engageant dans un mégaprojet d’exploration de gisements en Amérique du Sud pour 4,4 milliards de dollars.
Avec un seuil de rentabilité ramené à 50 dollars par baril, les majors européennes sont en passe de réaliser leur premier excédent de trésorerie depuis 2008: Total et BP l’emploieront à un programme de rachats d’actions tandis que Royal Dutch Shell projette de rembourser ses actionnaires après réduction de son endettement.
Les groupes pétroliers devraient continuer à améliorer leur productivité et poursuivre leur croissance, même si la compétition s’intensifie avec en ligne de mire l’abondance des réserves de schiste américain et la transition vers les énergies renouvelables. D’ailleurs, plusieurs compagnies accélèrent leur diversification, à l’image de Total qui a acquis le premier fournisseur d’électricité alternatif de l’Hexagone, Direct Energie.
La forte demande, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ainsi que la crise au Venezuela ont soutenu le prix de l’or noir jusqu’à la semaine dernière. Mais des spéculations sur une augmentation de la production de l’Opep ont stoppé ce mouvement haussier depuis quelques jours. La prochaine réunion de l’organisation, les 22 et 23 juin, se révélera dès lors déterminante. 

Une version de cet article est parue dans Arcinfo.

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