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La BCNActualités et médiasActualités«Aujourd’hui, ce sont les PME qui supportent la crise financière»
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«Aujourd’hui, ce sont les PME qui supportent la crise financière»

PME

06.04.2020 , par Marie-Laure Chapatte, responsable Communication & Pôle économique

Le prêt octroyé grâce au programme fédéral est nécessaire à court terme, mais insatisfaisant pour pérenniser notre économie. Voilà le sentiment qui anime Sébastien Maye, associé de l’entreprise familiale Cinq Sens. Pour cette dernière, l’impact du coronavirus a été brutal. Et s’il fait preuve de créativité en période de semi-confinement, le traiteur de Fontaines redoute la durée de la crise. Témoignage.

Le 1er mars a été le déclencheur: le match de Neuchâtel Xamax FCS est annulé en raison du risque de pandémie. Sébastien Maye comprend alors que le secteur événementiel va s’arrêter pour plusieurs semaines. Un coup de massue s’abat alors sur l’entreprise familiale qu’il dirige, Cinq Sens. Ce traiteur de Fontaines voit également son activité de restauration – il possède un établissement à La Chaux-de-Fonds – s’arrêter abruptement quinze jours plus tard suite à la décision du Conseil fédéral. Puis, au fur et à mesure, la totalité de ses activités récurrentes, notamment les restaurants d’entreprise et les structures parascolaires, est stoppée.

Des collaborateurs inactifs

«Ce n’était plus une surprise, mais vous vous retrouvez quand même avec près d’une cinquantaine de collaborateurs que vous ne pouvez plus occuper.» Du personnel pour lequel il obtient rapidement des RHT, même avant que le processus ne soit simplifié, chômage partiel qui se poursuivra en avril.

«Evidemment, en tant qu’entrepreneur, vous suivez alors les décisions des autorités avec grande attention, vous espérez des mesures», poursuit-il. Alors, quand les prêts désormais baptisés COVID-19 sont accessibles, il passe par la BCN pour y avoir accès. «Cela s’est fait très rapidement et d’une manière très simple», reconnaît le dirigeant.

Un pansement, pas la solution

L’avenir fait toutefois peur. «Il faut comprendre qu’aujourd’hui, ce sont les PME qui supportent la crise, insiste Sébastien Maye. Ce prêt est certes à 0%, mais nous nous endettons quand même. Pour moi, c’est juste un pansement pour le tissu économique, mais cela ne lui permettra pas de guérir. Alors je garde espoir que d’autres mesures soient mises en œuvre par la suite. Les 40 milliards de francs mis sur la table actuellement, c’est le bénéfice de la BNS, les autorités doivent faire plus. Le chômage est de la responsabilité de l’Etat. C’est une assurance payée pour une part par les employés et d’autre part par les employeurs. Les dirigeants sont quant à eux pénalisés par une prestation réduite de manière discutable. Je salue les mesures prises pour améliorer le système de base et faciliter l’accès au RHT. Mais ce n’est pas suffisant. Les entreprises doivent être soutenues, au même titre que la culture, si nous désirons sauver notre économie.» Sinon, les entreprises ne pourront plus jouer le jeu de garder leurs employés et les licenciements vont s’accélérer, comprend on entre les lignes. 

Créativité dans l’adversité

L’impact économique pour une structure active à la fois dans l’événementiel et la restauration est sans appel: ce sont quasiment trois mois de chiffre d’affaires perdus pour Cinq Sens. La PME familiale honore ses contrats, par exemple en livrant une vingtaine de repas aux crèches, contre un millier auparavant, ou à la police. Elle déploie également sa créativité. «C’est le côté positif, nous proposons des livraisons à domicile via notre boutique en ligne et nous lançons un set avec produits intégrés pour cuisiner le repas de Pâques en famille», détaille Sébastien Maye.

Mais à l’écouter, les charges fixes restent, si bien que la durée de la crise sera déterminante. «Je comprends évidemment les raisons sanitaires des autorités, c’est une priorité, mais je serais toutefois dégoûté que ce coronavirus mette 15 ans d’entrepreneuriat à la poubelle», conclut-il. Une pensée qui doit traverser bon nombre d’entrepreneurs neuchâtelois en ces jours difficiles.

Le site de l'entreprise: www.cinq-sens.ch

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