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La BCNActualités et médiasActualités«Aucune précipitation nécessaire en cas d’inversion de la courbe des taux»
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«Aucune précipitation n'est nécessaire en cas d’inversion de la courbe des taux»

Finance

06.02.2019 , par Marie-Laure Chapatte, responsable Communication & Pôle économique

Entre histoire, spéculation et réalité, Victor Vogt, responsable de l’Asset Management, détaille les enjeux d’une courbe de rendement inversée.

Tout le monde disserte sur l’inversion de la courbe des taux. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie?
Victor Vogt: On parle d’inversion de la courbe des taux quand les taux d’intérêts à 2 ans sont supérieurs aux taux à 10 ans. En conséquence, le fait de s’engager à long terme n’offre plus un rendement supérieur. En fait, cette situation intervient lorsque les investisseurs s’attendent à une baisse des taux à plus ou moins court terme.

Une courbe de rendement inversée est-elle un bon indicateur de récession ?
Aux Etats-Unis, cet indicateur s’est avéré pertinent pour les cinq dernières récessions. Dans ces cas, l’inversion de la courbe des taux a précédé de 8 à 22 mois la récession. Aux Etats-Unis, on peut donc affirmer que c’est un bon indicateur. Il se vérifie moins pour l’Europe ou la Suisse par exemple. Le différentiel le plus important enregistré dans l’histoire récente remonte au 20 mars 1980, où les taux américains à 2 ans rapportaient 2,4% de plus que les taux à 10 ans.

Cette inversion va-t-elle réellement se produire? Faut-il s’en inquiéter?
Depuis dix ans, force est de constater que cette courbe des taux s’est beaucoup aplatie. Aujourd’hui, les taux à 10 ans sont à 2,75% et les taux à 2 ans à 2,60%, ce qui constitue un écart de seulement à 0,15%. Elle s’est déjà inversée avec les taux à 5 ans. La probabilité d’une inversion avec le taux à 10 ans existe donc, comme ce fut le cas la dernière fois en 2005. Mais rien ne sert de se précipiter pour autant. En effet, il existe un temps de latence entre l’inversion de la courbe et la récession. Pendant ce laps temps, l’histoire nous montre que les marchés des actions ont continué leur progression. Peut-être faudra-t-il toutefois adopter un positionnement plus défensif, en privilégiant les pharmas ou les biens de consommation aux valeurs cycliques et industrielles. De plus, si l’on se réfère aux attentes du marché, souvent plus proches de la réalité, la probabilité d’une nouvelle hausse de taux en 2019 de la Réserve fédérale américaine (FED), qui amplifierait ce phénomène, s’éloigne. Quant à savoir si une inversion sera effectivement suivie d’une récession, l’histoire nous le dira...

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